• On ne détournera pas l'occident de ses agapes avec quelque chose
d'aussi anodin qu'un massacre oriental, entre la dinde, le champagne
et les langues de belle-mère. La concomitance de nos chants et danses de l'an
neuf et de la barbarie israélienne s'appelle PORNOGRAPHIE. On
croit comprendre qu'il ne sert à rien de le crier, vous qui vivez là-bas
abandonnez tout espoir, vous ne nous intéressez pas ou si peu. À
s'arrêter un instant sur le pensée de plusieurs lustres du martyre organisé
d'un peuple, on s'étrangle de RAGE. Le calcul des barbares est
que nous préférerons nous taire de peur que les gros mots nous viennent à la
bouche.
Sur Rezo, la compilation des malheurs d'un peuple, des vaines
explications et des protestations dresse un panorama TRAGIQUE.
On a le sentiment que toute démonstration est vouée par avance à l'échec sur un
sujet englouti dans un immense crépuscule de la Raison. La répétition
du scandale s'étale depuis 60 ans, elle anesthésie les consciences, les
plumitifs cherchent à nous convaincre qu'il n'y a point de scandale, que notre
indignation aurait de douteuses origines, qu'elle serait elle-même
scandaleuse.
Oui, si l'on est homme et qu'on arrête un instant sa pensée, ON A
MAL, on serre les poings, et je regarde ceux qui sont capables de ne
pas avoir mal, ceux même qui se réjouissent, comment peuvent-ils s'aveugler à
ce point, ne pas voir ni comprendre, comment peut-on être fait ainsi qu'on
rejette la souffrance des hommes ?
• On me dit que la montre-bracelet est menacée — La
jeunesse préfère le tout-en-un des téléphones mobiles qui donnent l'heure,
permettent de téléphoner, d'envoyer des textos subrepticement, de calculer,
d'écouter de la musique et d'autres applications inconnues de moi. La mode de
les laisser pendre à son cou au bout de laisses ridicules et généralement
sponsorisées semble s'épuiser, alléluia ! Un problème se pose néanmoins
lors des examens où ces prothèses sont interdites, le désarroi juvénile
s'installe, les professeurs conseillent l'emprunt à pépé de sa montre-gousset,
à mémé de sa TI89, les pouces s'agitent dans le vide, la peur du vide tactile
gagne. Les voilà protégés d'une sorte de cheiralgie, celle liée au syndrome du
bracelet-montre de Matzendorf (ou Matzdorff?), mais menacés peut-être par
quelque tendinite vers les pouces et par les ondes qui grilleraient des
neurones, qui sont heureusement en abondance et de toute façon sous-utilisés à
ces âges.
• Il fait froid
Je le sais car c'est écrit sur le gadget qui s'affiche sur l'écran de
l'ordi qui marque la température, l'ensoleillement et les phases de la
lune.
Oui, pour connaître le temps qu'il fait, je regarde un bête bidule sur l'écran
de l'ordinateur, vers lequel un serveur, situé on ne sait où, envoie des
informations météorologiques, récoltées on ne sait comment, sur la situation à
un mètre cinquante de moi de l'autre côté de la porte-fenêtre. L'époque est
formidable.
nota : le Grand dictionnaire me
déçoit qui pour widget ne donne que "gadget logiciel" ou "objet
fenêtre", c'est pauvre.
• Travail de cochon


Cochon : l'infographiste de Libération qui a produit le travail
de l'image 1 pour illustrer un articulet sur la montée du chômage en France. Il
s'agit de pure illustration, parfaite redondance avec
« l'explosion du titre » ne comportant aucune information statistique
supplémentaire du fait de l'échelle de merde choisie. En image 2, un graphique
issu de la source DARES originale, courbe du bas et deux derniers carreaux pour
retrouver le segment sélectionné par le cochon. Miguelito me dit :
« Manipulation ! ». Je penche plutôt pour l'incompétence.
L'image présente toutes les garanties de la
scientificité (et elle n'est d'ailleurs pas
fausse), avec l'indication précise de la catégorie (DEFM1, corrigées
des variations saisonnières) et de la source (DARES), elle est là pour donner
l'impression d'un supplément de vérité à l'article, sans produire en
réalité aucune vérité supplémentaire, et même pas mal de mensonge.
Illustration.
• Pour être journaliste Joseph Ghosn ne m'en parait
pas moins estimable
— à première vue, du moins, parce qu'il a écrit, sur des sujets culturels, dans
des journaux que je n'ai pas lu (Inrockuptibles, Magic). Son
blogue est parfois intéressant et particulièrement ce 24 décembre où il
publie : « J’ai posé des questions à Hendrik Hegray et Jonas Delaborde à
propos de Nazi Knife 5 », un entretien hautement recommandé, si
vous êtes curieux d'apprendre comme on produit un petit bijou de
graphzine aujourd'hui.
• Le style c'est l'homme — Sur un autre blogue que je visite depuis peu, cette citation de John Lydon :
« Chaque fois que je vois Bono avec ses énormes lunettes d’aviateur
dans ses pantalons moulants en cuir, je ne peux pas le capter. Je ne peux pas
le voir en train de résoudre les problèmes du monde. Il écrase ses testicules
dans des pantalons serrés pour la paix du monde. »
John Lydon