Au chevet

Mon Petit Robert me dit que chevet viendrait de capitium, de caput, « ouverture d'un vêtement par laquelle on passe la tête » et qu'il s'agirait d'« un coussin allongé, à la tête du lit »; zéro pointé pour moi, qui pensait que c'était la tête du lit elle-même. Je confirme en revanche que le mitan en est bien le centre, mais je suis surpris de lire que ce serait un mot régional ou populaire.

Le livre de chevet est celui de prédilection qu'on lit et relit couché. Je ne lis plus au lit depuis que j'ai cessé de vivre sur un lit, d'y manger, regarder la tévé et y mener une activité sexuelle solitaire.
Je suis un homme de canapé.
Devant celui-ci est rangée la « Table de la mère à P. » dont j'ai hérité lors du déménagement post-mortem de « la mère à P. », conjointement avec une « étagère de la mère à P. » et le « lit de la mère à P. » (ce dernier ayant quitté mon ameublement à l'arrivée de ma mie et de son clic-clac). La table est basse, mal équarrie, fabriquée ou bricolée par la défunte, de son vivant s'entend. Avec d'autres utilités (un couteau, de vieux journaux, des briquets et stylos, un répertoire téléphonique s'il n'est pas égaré ailleurs, quelques magazines et des livres interminables etc.), j'y pose une sorte de "livre de chevet", à savoir un livre que je lis par bribes et moments, au réveil, lorsque je passe par là dans la journée, que je saisis aussi pour me rendre au cabinet d'aisance.
L'avant-dernier "livre de chevet" en date était donc À ma guise de Georges Orwell, recueil de chroniques publié chez Agone.

Un nouveau; des calculs et une carte postale

Ce matin, j'ai décidé de le remplacer par Les bandits de E.J. Hobsbawm, publié aux Éditions Zones qui gisait déjà sur la « Table à la mère à P. ». Donner cette information triviale va m'emmener ici vers d'autres directions tout aussi banales :

1/ C'est un livre publié simultanément en ligne (page en php). Il coûte 14 euros et dure 220 pages environ. Si je veux l'imprimer à partir de mon navigateur, celui-ci m'indique 77 pages. Que Choisir? me donne, pour une impression "jet d'encre" en noir et blanc un coût à la page s'échelonnant entre 5 et 13 centimes d'euro, soit de 3,85 à 10,01 euros pour obtenir un tas de feuilles à lire sur mon canapé, puis à abandonner au jaunissement. Je peux aussi le lire à l'écran pour pas un sou mais c'est un texte un peu long tout de même pour ce mode de lecture.
Chez La fabrique, le livre L'insurrection qui vient, qui connait une notoriété éphémère grâce aux bons auspices de la presse policière, est disponible au format pdf, 65 pages soit entre 3,25 et 8,45 euros, pour un coût de 7 en librairie. Bien entendu, si l'on fait de la perruque, s'appropriant la papeterie et les machines de son employeur, l'impression n'est coûteuse que si la grivèlerie est découverte. Et, ces petits calculs sont sans objet j'imagine si, comme François Bon, on s'adonne à la lecture sur Sony PRS-505 ou équivalent. Cet appareil semble cependant s'acheter pour 299 euros; c'est cher.

2/ Comme je prends un nouveau bouquin je veux le garnir d'un marque-pages; pas besoin de deux cette fois car les notes ne sont pas séparées du texte mais semblent toutes en bas de page, une solution qui a ma préférence, amis éditeurs. J'utilise soit les signets de libraires, soit des exemplaires de ma collecte de cartes postales. J'opte pour cette dernière solution.Camping
J'aime beaucoup celle qui m'échoit. Au dos : « Camping du Minihy - Grand confort - Piscine - Tennis - Jeux divers ». Le reste est illisible, sauf : « Pour tous renseignements, faire le 11 sur le Minitel, HUET PLELO (appel gratuit) ». La silhouette du monsieur de dos et en short bleu à l'avant-scène m'évoque irrésistiblement celle du papa de Miguelito. Je suis aussi très curieux de savoir si cette image a fait l'objet d'une facturation par un photographe professionnel.
L'expéditeur a noirci au dos cette carte avec un message de bons vœux pour l'année 2008; il s'agit de l'excentrique Stéphane Bataillon, accompagné de sa dulcinée. Il est l'auteur de ces quelques collages que le MHM publia autrefois, l'inventeur aussi d'un manteau dans les poches duquel on logerait des chatons vivants (j'avais une photo que je ne retrouve pas, un film sur l'aventure fut réalisé mais il lui retira son "imprimatur" -ou bien son visa?-, je suis bien sûr que vous en êtes fort marris) et de bien d'autres merveilles encor.

Des images

Jonas DelabordeCelles de Jonas Delaborde. un dessinateur appréciable, croisé aujourd'hui. Je suis étonné de ce qu'il me dit du coût (élevé) pour éditer un magazine comme Nazi Knife qu'il publie avec Hendrik Hegray, magazine que je vous recommande chaudement, puissiez vous en avoir cure.