Le Journal d'un homme moderne

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mardi 17 février 2009

Marin Karmitz collabo mais pas comme Doriot, par Pierre Carles

(Un texte refusé par les pages "Rebonds" de Libération, il y a une dizaine de jours)


karmitz, cinéaste On a entendu ces derniers jours certains affirmer que Marin Karmitz aurait opéré le plus grand retournement de veste du siècle écoulé. Rappelons que le fondateur des cinémas MK2 était membre de l’extrême gauche dans les années 70 avant que Nicolas Sarkozy ne le nomme délégué général du « Conseil pour la création artistique » ces jours-ci. Faut-il croire ces rumeurs ? On a pu observer ces dernières années de spectaculaires grands écarts. On ne comptabilise pas ici les petites trahisons fébriles comme celle d’Éric Besson passé du camp de Ségolène Royal au gouvernement de Nicolas Sarkozy. Non, on sait que Ségolène Royal n’a jamais été de gauche1. On parle ici des vrais retournements de veste, comme par exemple celui effectué par Libération, passé de l’extrême gauche dans les années 70 au centre-droit libéral-libertaire dix ans plus tard (cf. Libération, de Sartre à Rothschild de Pierre Rimbert, Éditions Raisons d’agir, 2005). Ce n’est pas néanmoins un retournement de veste à la hauteur du parcours de traître à la cause du peuple de Marin Karmitz, clament les mauvaises langues. Karmitz faisait partie après mai 68 de la Gauche prolétarienne, adepte du sabotage et de la guerre populaire, avant de fricoter avec la droite affairiste des années 2000. Il est passé de l’extrême-gauche maoïste au « pétainisme transcendantal » de Sarkozy pour reprendre l’expression du philosophe Alain Badiou.

Mais retournons quelques années en arrière. En 1971, Marin Karmitz réalisait un documentaire sur des ouvrières du textile en grève à Troyes et à St Omer, film qui, selon ses propres mots, « attaquait le patronat en légalisant d’une certaine façon les actes illégaux que sont les occupations d’usine et les séquestrations de patrons. » Et Karmitz de s’enorgueillir : « Ce film a été vu par des dizaines de milliers de personnes, au point que ça devenait un danger politique pour le gouvernement parce que quand le film était montré dans un lieu où il y avait un début de débat sur les luttes à mener, il provoquait des grèves. Il amenait les ouvriers à se mettre en grève. Dans des endroits où la grève était en train de se calmer, de disparaître, de s’arrêter, le film remettait les gens en grève »2. C’est le même Marin Karmitz qui trouvait récemment des qualités à Nicolas Sarkozy, l’ami des PDG Bouygues, Lagardère, Pinault… Qui peut se targuer d’un pareil retournement de veste ces cent dernières années ? On ne voit personne à l’horizon ? Si : Jacques Doriot. Ce dernier a fondé pendant la deuxième guerre mondiale la Légion des Volontaires Français contre le bolchevisme (LVF) d’obédience fasciste après avoir été secrétaire général des jeunesses communistes juste après la première guerre mondiale ! On ne fait sans doute pas mieux question retournement de veste. Karmitz aura du mal à égaler Doriot.

Coup pour coupVers la fin des années 70, des membres du groupe Action Directe ont eu le projet de collecter auprès de Marin Karmitz l’« impôt révolutionnaire ». Braqué par Nathalie Ménigon et Jean-Marc Rouillan, comment le patron des MK2 aurait-il jugé les « actes illégaux »,les « sabotages », les « séquestrations de patrons » ? Les considérait-il toujours légitimes ? À présent qu’il a définitivement tourné le dos à la classe ouvrière, qu’il ne dissimule plus son engagement aux côtés de la droite dure patronale, se pourrait-il que certains de ses anciens camarades révolutionnaires se souviennent de lui ? On se souvient en tout cas du titre de son dernier film : Coup pour coup.

Pierre Carles, réalisateur

2 bonus dvd de Coup sur coup, Marin Karmitz, MK2 Productions, éditions Montparnasse

dimanche 1 février 2009

Mal élevés

[NDL'HM : Voir en fin de billet les addenda]

En avril 2007, je re-publiai sur le ouèbe un excellent texte de Serge Halimi, L'art et la manière d'ignorer la question des médias, que je vous invite bien sûr à relire et méditer. Ce texte était repris de Pour une analyse critique des médias — Le débat public en danger, publié sour la direction de Éveline Pinto, Collection Champ social, Éditions du Croquant, janvier 2007, lui-même fruit des journées du 21 et 22 octobre 2005 organisées par l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et Le Monde Diplomatique. Ce texte était publié avec l'autorisation de l'auteur, de la directrice et de l'éditeur.

Je dois avouer ici que je me suis parfois passé -et sans fausse honte- de ces autorisations, mais jamais d'indiquer mes sources. J'ai peu de respect pour la propriété, intellectuelle ou pas, mais pas mal pour le travail des autres.

On me montre tout à l'heure un exemplaire de Vendredi, hebdomadaire de compilation du ouèbe, où je retrouve ce même texte salement saucissonné pour rentrer dans le format de publication, agrémenté d'une photo non sourcée de l'auteur et d'une photo d'illustration assez peu explicite. Une source est indiquée, http://socio13.wordpress.com/, blogue de Danielle Bleitrach, pour qui j'ai assez assez peu de sympathie, sinon qu'elle est de gauche, c'est déjà ça, mais d'une obédience façon Staline qui m'indispose très souvent -mais je lui pardonne volontiers parce qu'elle semble sincère et passionnée et qu'il faut de tout pour faire une Gauche, même quelques centralistes démocratiques.

Mme Bleitrach n'avait pas daigné indiquer la source de son recopiage, ce qui dénote un curieux manque de rigueur pour une admiratrice de la version bureaucratique la plus sévère du socialisme, mais bon, hein, j'aime mieux ça qu'un stage de rééducation pour révisionnistes libertaires dans une banlieue de la Havane.

En revanche, que M. Rosselin, fondateur de toutes sortes de médias, ne prenne pas la peine d'indiquer des sources correctes pour ses repiquages emballés du vendredi, ni n'exprime de demande de publication et de saucissonnage auprès de l'auteur du texte, ce qui m'a été confirmé, je trouve ça très mal élevé. J'avais cru comprendre qu'il demandait des autorisations et même payait les auteurs d'une poignée de pépitos ou quelque chose d'approchant. J'avais dû mal comprendre.

Soyons clair : dans l'histoire, le MHM ne méritait bien sûr pas un sou, ni non plus n'avait besoin d'être consulté (l'auteur, si). D'ailleurs, on me dit que M. Rosselin ne connaissait pas mon existence, ce qui est tout excusable, enfin un peu moins pour un éditeur sensément éclaireur du ouèbe à l'usage des foules : notre présence est discrète mais tout de même constante depuis 1998, époque où la Toile était moins chargée, mais voilà que le pêché d'orgueil me guette, je m'arrête.

J'ai lu quelque part que Vendredi n'atteindrait pas ses objectifs de ventes et donc la rentabilité pour le moment.

Pour un truc si mal fait je dis que c'est bien fait.

L'HM

- addendum au matin : M. Rosselin m'écrit qu'il publiera un erratum dans le prochain numéro et qu'il fut abusé par dame Bleitrach qui lui céda les droits qu'elle n'avait pas. Nous lui en savons gré.

- addendum plus tard de quelques jours : Vendredi du 30 janvier a publié en dernière page ce petit encadré :

"L'art et la manière d'ignorer les médias, par Serge Halimi

La semaine dernière, nous avons publié le résumé d'un article de Serge Halimi qui était disponible sur le site socio13. Or, ce site n'en est pas l'éditeur original. Cet article a été publié sur le Net par homme-moderne.org. Il s'agit d'un extrait de l'ouvrage collectif  Pour une analyse critique des médias - Le débat public en danger, sous la direction d'Éveline Pinto, Col. Champ social, Éd. du Croquant, janvier 2007."

mercredi 28 janvier 2009

"Val est vénère", montage de Pierre Carles


VAL EST VENERE
envoyé par Mary-Trebor

Pierre Carles : « C'est surtout la dernière partie qui est intéressante. »

samedi 24 janvier 2009

Vide poches "Choron, dernière" - travail en cours


Entretien avec Pierre Carles à propos de "Choron dernière"

http://culturopoing.com/Cinema/Choron+derniere-1607 Entretiens et dossiers, le 22 janvier 2009
La photo est © Arnaud Baumann

http://www.lemagazine.info/spip.php?article870

Choron dernière

Pierre Carles et Eric Martin ont suivi le féroce iconoclaste une année avant sa disparition en 2005. Le résultat sort en salle le 07 janvier : Choron dernière propose un désopilant portrait de cet individu éminemment subversif. Un documentaire élogieux qui revalorise son image de trublion agressif sans verser dans l’hagiographie.

Figure emblématique de la presse satyrique, humoriste et chansonnier, Georges Bernier alias le Professeur Choron était connu pour son exubérance et ses provocations. Co-fondateur d’Hara Kiri et de Charlie Hebdo, il fut également l’auteur du célèbre Bal tragique à Colombey : un mort qui fit la couverture du journal à l’annonce de la mort du Général De Gaulle. Mêlant entretiens, témoignages et images d’archives, Choron dernière propose d’illustrer l’existence agitée du personnage. Pari gagné, même si certaines lacunes en font parfois un documentaire pour initiés.

Le Parrain

« Une armée de professionnels, c’est important. Il est quand même plus agréable de se faire tuer par quelqu’un dont c’est le métier » affirme un Choron coiffé d’un béret vert lors d’un débat télévisé. Le ton est donné. Nous voici parti pour un festival d’ironie explosive. Et on rira à maintes reprises devant les archives cocasses exhumées par Carles et Martin. Mais jusqu’à quel point ? Car le premier mérite de ce documentaire est peut-être de nous placer face à nos limites, tant son humour corrosif n’épargne personne. Comme ce membre d’Act Up qui lui lance malicieusement « je sais que pour vous les militants sont des cons  » et qui s’entend rétorquer par le Professeur hilare « je le répète. J’ajouterai même : quant aux malades, qu’ils crèvent !  ».

Ces extraits sont entrecoupés et parfois tempérés par les témoignages de ceux qui l’ont côtoyé. Si Cavanna se souvient d’un fabuleux meneur d’hommes aiguisant sans relâche l’irrévérence de sa troupe de chroniqueurs et de dessinateurs, Nabe disserte sur son apostolat de provocateur. Mais au-delà de ces éloges, on retiendra surtout les propos de Choron lui-même commentant les différents épisodes de sa vie. Ainsi cette savoureuse séquence où il aborde son engagement dans la Légion et raconte en termes crus sa liaison avec un gradé qui le rémunérait en espèces pour les caresses prodiguées. De même que Napoléon perçait sous Bonaparte, on s’aperçoit que Choron couvait déjà sous le militaire Bernier.

L’impasse

On éprouve toutefois le regret de ne pas l’entendre narrer de sa verve inimitable l’odyssée d’Hara Kiri et Charlie Hebdo. Carles et Martin semblent considérer qu’un film sur Choron drainerait un public averti pour lequel il était superflu de retracer ces années. Si elle nuit à une compréhension totale du personnage, cette lacune n’altère pas profondément le portrait qui lui est consacré. Il n’en va cependant pas de même avec les interventions de Philippe Val et de Cabu. Le spectateur qui ignorerait qu’il y eût des démêlés juridiques entre Choron et ses anciens collègues ne comprendra rien à la gêne manifeste qui contraint les deux hommes.

Pourquoi évoquer cette querelle sans en retracer l’origine ? Une fois encore, les documentaristes paraissent s’adresser aux seuls initiés. Il n’est peut-être pas inutile de rappeler les faits : après une faillite en 1981, Charlie Hebdo reparaît en 1992 sous la houlette de Val. Blessé de ne se voir proposer qu’un poste subalterne alors qu’il aspirait à diriger l’entreprise, il intenta en vain trois procès au journal afin d’en interdire la publication. Procédurier, cet anar de Choron ? Mégalomane vindicatif ? À moins que ce ne soit un charmeur terriblement caustique. Tout ça à la fois : un homme ambivalent, un être singulier que ce documentaire réjouissant permet de mieux cerner.

Rodolphe Ayroles, le 6 janvier 2009


http://www.iletaitunefoislecinema.com/critique/2591/choron-derniere

Article de Maryne Cervero et Lucile Moura

Huitième film de Pierre Carles, "Choron dernière" retrace le parcours de Georges Bernier, alias Professeur Choron, fondateur des revues satiriques Hara Kiri et Charlie Hebdo.

Un homme qui donnait l’impression de ne jamais souffler, de ne jamais lâcher prise sur son existence. Une bombe à retardement qui n’explosait pas toujours dans la finesse, mais qui ne perdait jamais une occasion d’exploser. Un homme dont la radicalité tranche cruellement avec la tiédeur de Val, actuel directeur de Charlie Hebdo.
Du vaguement mégalo professeur Choron sur la fin, au Choron revenant sur son enfance, en passant par Choron le patron de presse et Choron l’artiste, Carles et Martin réussissent un portrait ni didactique ni hagiographique. Une sorte d’hommage amical, en quelque sorte.
Ames conformistes s’abstenir…

Carles, un Michael Moore français ? A une nuance près.

N'ayant été pré-acheté par aucune chaîne de télévision, Choron dernière n’a pas été des plus simples à financer. Et pour cause : ancien journaliste, connu notamment pour son travail dans la cultissime émission Strip Tease, Carles ne fait aucun cadeau à la télévision, milieu dont il a dénoncé les accointances avec le milieu politique dans son film Pas vu, pas pris, censuré à la télévision française. Après un détour par le monde du travail, à travers les deux volets Attention danger travail, et Volem rien foutre al pais, Carles revient à l’univers des médias. La sociologie est un sport de combat, centré sur Bourdieu, constituait déjà un premier essai réussi de portrait. Au fil du temps, ses films constituent une œuvre cohérente : du cinéma direct, en prise avec le politique, qui donne la parole à des personnes ayant choisi un mode de pensée alternatif par rapport au modèle dominant. Une sorte de croisade morale contre les hypocrisies et les faux-semblants de la société, mais jamais moralisante, car toujours ouverte. Le cœur de son travail consiste à montrer que les systèmes sont manipulateurs, et que seuls des individus vraiment autonomes et libres peuvent lutter contre cette domination structurée. Un cinéma profondément engagé, donc. Choron dernière s’inscrit dans ce projet, en mettant en lumière la vie de cet anticonformiste qu’était Georges Bernier : sa liberté de ton et son intégrité sont ici au cœur du film, comme un écho désagréable, mais détonnant, à nos propres autocensures et concessions quotidiennes.

Les films de Carles sont produits de manière totalement indépendante, à la différence de Michael Moore qui se vante d’être produit par la Warner. Carles ne veut être le fou d’aucun roi de l’audiovisuel. D’où sans doute le vent de liberté qui court dans ses films. Voilà un cinéaste qui prend le mot indépendance au sens propre. Un cinéma qui filme la marge, à la marge.

Mais Carles, ce ne sont pas seulement des sujets militants, c’est aussi et avant tout du cinéma. Un cinéma en apparence mal fichu : sans voix off, le gloubi boulga d’archives et d’interviews est en effet parfois indigeste, l’impression de bricolage agaçante. En réalité, passée cette première impression brouillonne, le montage se révèle beaucoup plus astucieux qu’il n’y paraît. Carles, toujours fidèle à lui-même, ne se contente pas de mettre des images d'archives bout à bout en suivant un certain ordre chronologique ; son reportage ne se veut pas seulement un retour sur la vie du Professeur Choron, mais aussi un système de dénonciations et de revendications qui apparaissent en filigrane sur la pellicule : chaque cadrage, chaque mimique, chaque mot ont été méticuleusement choisis et mis au service des idées du réalisateur, qui offre ainsi un documentaire à double tranchant, à la fois dynamique et porteur d'un parti pris assumé sans complexes. Le montage du film en trois parties bien distinctes incite à penser que Carles et Martin ont cherché à couvrir toutes les facettes du Professeur Choron, de son statut de trublion qui vampirisait les plateaux de télévision sur lesquels il était invité, à celui d'être on ne peut plus humain, racontant des souvenirs de son enfance avec nostalgie. Malgré une réalisation quelque peu scolaire, qui rappelle les sacro-saintes dissertations formées d'une thèse, d'une antithèse et d'une synthèse, on se laisse tranquillement guider par ce portrait kaléidoscopique : à la fin, on n’est pas vraiment sûr d’avoir retenu tous les détails de l’histoire, mais on a l’impression de connaître mieux le personnage.

« Un mystique de la perversion, pas un employé de la provoc’ »

Une chose est sûre : en ces temps de politiquement correct, les sketchs du Professeur Choron sont purement et simplement décapants. « C’est un mystique de la perversion, pas un employé de la provoc’ » dit de lui un dessinateur de Charlie Hebdo. L’homme semble comme possédé par ce qu’il dit : il ne provoque pas pour provoquer, mais pour asséner sa vision du monde à la face des bien-pensants. Anarchiste convaincu, il hait toute forme d’institution, qu’elle soit politique ou économique. On est aux antipodes de la fausse provocation de certains comiques qui font de la scatologie et de la violence les fins mêmes de leurs propos, alors qu'elles ne devraient en être que des vecteurs. Non, le côté trash Choron et de ses comparses n’est jamais gratuit : quoi qu’on en pense, il révèle plutôt une critique féroce et radicale de nos modes de vie et de pensée. Sectaire, Choron l’est. Mais d’où vient ce sentiment que ce type de personnalité est indispensable au vivre ensemble ? On se trouve bousculé, ébranlé, dérangé, voire choqué ; et le monde apparaît paradoxalement plus sain. Plus sain, peut-être parce que si une telle dose de liberté peut s’exprimer, c’est rassurant. Peut-être parce que grâce aux excès de Choron, on se sent moins étouffé par une pensée dominante, même si soi-même on ne va pas aussi loin. Le fait de savoir les limites encore reculées dans la radicalité donne un goût inhabituel de liberté. Choron savait prendre ce rôle de clown à bras-le-corps. Un clown qui montre que la grossièreté n’est pas la vulgarité.

Est-ce l’effet du montage qui rend Philippe Val si « petit » à côté du Professeur Choron ? Wolinski si suffisant ? Cavanna si mortifié ? Très certainement. Carles ne se cache pas de ses opinions, et laisse rapidement à penser qu'il ne porte pas le trio de tête de Charlie Hebdo dans son cœur. On peut remarquer, presque avec amusement, que Choron dernière porte, dans le fond aussi bien que dans la forme, les traces d'un système qui, en s'interdisant toute sorte de limites, prend le risque de dériver dans un schéma vicié, qui revêt parfois l'apparence d'un serpent qui se mord la queue. Mais ce qui aurait pu devenir un travers gênant pour le film de Carles, finit presque par porter toute la rhétorique et la philosophie pour lesquelles se battait le Professeur Choron ; animé par une profonde révolte sociale, brûlant d'un feu tellement ardent qu'il le consumait lui-même peu à peu, Choron faisait partie de ces hommes, aussi rares que précieux, qui bâtissent leur vie autour de leurs idéaux, martyrs modernes acceptant de sacrifier vie sociale, vie professionnelle, et pourquoi pas, vie tout court, pour une cause à laquelle ils s'accrochent avec le désespoir des braves. Approchant la mort, comme un personnage de Beckett attendant Godot, Choron se met à nu, au sens propre comme au sens figuré : au sens propre, quand il exhibe son corps malade à l’hôpital. Au sens figuré, enfin, lorsqu’il revient sur les lieux de son enfance, l’usine à laquelle il était destiné, les horizons bouchés des « petites gens ».

Loin, très loin de la bourgeoisie intellectuelle parisienne, qu’il faisait grincer des dents, et qui le déchut.


Dimanche 04 Janvier 2009

Vuillemin: "Choron, c'est la connerie des autres qui le provoquait"

Propos recueillis par Jean-Luc BERTET pour leJDD.fr

Il porte un Choron en sautoir, au centre duquel apparaît la tête du professeur. Le dessinateur Vuillemin l'a connu il y a presque trente ans et est resté son intime jusqu'à sa mort, en 2005. Reiser l'avait attiré à Charlie. Il se rappelle s'être installé en bout de table pour dessiner, intimidé. Choron s'est penché sur son épaule et s'est marré. "C'est comme si j'avais gagné une médaille."

"En réalité, il y avait trois moteurs à Charlie Hebdo: Gébé, Cavanna et Choron. C'est lui qui poussait tout le monde. Ce n'était pas seulement le gérant de la publication. On ne se rend pas compte de tous les petits textes qu'il écrivait dans Charlie-Hebdo. Il lisait énormément, tous les journaux et le code pénal parce qu'il en avait l'usage. Il avait toujours un œil sur le monde et des idées sur tout. On avait l'impression que ça s'enclenchait tout seul à partir du moindre fait d'actualité."

"Je sais que sa gestion de Charlie-Hebdo a été contestée depuis. Je ne sais pas ce que cela veut dire mauvaise gestion. Je pense qu'il avait du mal à payer les salaires. Les procès lui ont coûté cher et les dettes, c'est lui qui a dû les éponger. A l'époque héroïque, il avait rencontré une vieille friquée qu'il sautait pour la bonne cause. C'était une de ses manières de gérer.

Il faisait preuve de beaucoup d'inventivité. De poésie même: il suffit de regarder ses fiches bricolages. Celle par exemple du mec qui, à son lever le matin, se trempe les pieds dans un seau de confiture. Ensuite, en utilisant des tartines plutôt que des chaussons, il gagne du temps dans la préparation de son petit-déjeuner. Il avait cet état d'esprit. Je sais ce que c'est de faire de l'humour et le principal est de masquer la mécanique. Lui, ce n'était jamais convenu."

"Dans Choron dernière, on voit qui il était en dehors de son personnage. C'est vrai qu'il passait facilement de l'un à l'autre avec un coup de whisky. Le professeur se trempait alors la bite dans une coupe de champagne. C'était sa marque de fabrique. C'est marrant qu'il ne se soit jamais fait casser la gueule dans les bars. Il s'est fait un peu secouer parfois mais il aurait mérité pire. Dans le film, on voit quand il revient dans son village qu'il est tendre avec les gens. Ce n'est pas le soiffard, la bite à la main. D'ailleurs quand on bossait avec lui, il sortait la théière."

"On ne peut pas dire qu'il était provocateur. C'est plutôt la connerie des autres qui le provoquait. Gainsbourg faisait de la provoc, lui, il disait ce qu'il pensait. Le directeur du journal bête et méchant Hara-Kiri ne l'a jamais été. Il a marqué des tas de gens. Les Nuls ont toujours été déférents avec lui. Groland, c'est son esprit avec une sincérité et des éclats de poésie."


Critique

"Choron dernière" : un pamphlet contre les collaborateurs actuels de "Charlie Hebdo"

LE MONDE | 06.01.09 | 15h50 Mis à jour le 06.01.09 | 15h50

Né en 1929, trublion congénital, Georges Bernier lance en 1960 Hara-Kiri avec Cavanna, un mensuel satirique à l'humour féroce, brutal, à la liberté de ton dévastatrice, et sous-titré "Journal bête et méchant". Cavanna l'homme de plume et Bernier le gestionnaire, qui ne tardera pas à se raser le crâne et à se surnommer Professeur Choron du nom de la rue du 9e arrondissement où se trouvent les locaux, sont rejoints par nombre de caricaturistes tous aussi issus de milieux prolétaires, anarchistes dans l'âme, en guerre contre l'esprit de sérieux et l'ordre moral. Ces croisés de la dérision se heurtent à plusieurs censures, et doivent changer le titre de leur brûlot, tour à tour Hara-Kiri Hebdo puis Charlie Hebdo après l'interdiction du numéro qui annonçait la mort du général de Gaulle par cette couverture fracassante : Bal tragique à Colombey, un mort ! (allusion à un fait divers tragique survenu peu avant dans une discothèque de Saint-Laurent-du-Pont, plus de 140 morts).

L'hebdomadaire Charlie Hebdo fait faillite en 1981. Choron, qui a créé par ailleurs La Gueule ouverte en 1970, se lance dans la chanson avec des titres tels que "Caca chocolat" et "Boum boum badaboum". Hara-Kiri continue de paraître jusqu'en 1989 mais une partie de la rédaction désigne Choron, gestionnaire contesté, comme "responsable" de l'arrêt de l'hebdo.

Lorsqu'en 1992, Philippe Val ressort Charlie Hebdo en kiosques, sans Choron, ce dernier tente de le faire interdire, en vain. Le célèbre provocateur meurt en 2005 après avoir édité un journal pour enfants (Grodada) et La Mouise, vendu par des colporteurs. En dépit de quelques faits d'armes sortis des archives (Choron traitant les lycéens de "merdeux, petits ânes et trous du cul" à un Droit de réponse en 1982, montrant son sexe chez Fogiel), d'un épisode, en seconde partie de film, au cours duquel le professeur Choron fait visiter son village natal et évoque ses "bons souvenirs de l'Occupation", c est moins une biographie qu'un film polémique que proposent Carles et Martin.

Sous-titré Vie et mort du Professeur Choron et de Charlie Hebdo, leur film se veut autant un hommage au dérangeant patron de presse qu'une attaque contre Philippe Val, héritier contesté de son projet, et contre ses anciens compagnons de lutte Cabu et Wolinski, désignés comme ingrats. Le profil de l'homme au polo rouge et aux pulsions scatologiques est suffisamment complexe pour qu'il soit opportun de brouiller les cartes. N'eût-il mieux fallu explorer le caractère volontairement malaisant de cet homme, ses acquis, ses dérapages, sa générosité cachée, ses pulsions burlesques à base de paillardises, impolitesses et saillies cyniques, quitte à déplorer en incise que certains de ses complices lui aient tourné le dos, plutôt que de concentrer l'essentiel à ses adversaires ? Cette évocation des heures caustiques des années 1970-80 nous laisse sur notre faim.

Documentaire français de Pierre Carles et Martin avec Georges Bernier, Cavanna, Cabu, Siné, Nabe, Vuillemin, Wolinski, Val. (1 h 38.)

Jean-Luc Douin
L'avis du "Monde"
: POURQUOI PAS

Une émission spéciale de "Là-bas si j'y suis"

Le mercredi 7 janvier, jour de la sortie officielle du film, Pierre Carles, Delfeil de Ton, Willem et Arthur sont invités chez Daniel Mermet sur France Inter.

Pour écouter l'émission se rendre sur l'excellent La-bas.org.


La presse a eu Choron le cinéma a Pierre Carles

http://www.lanouvellerepublique.fr/dossiers/cinema/index.php?aff=4&num=89382
DR

Samedi matin, dans les salons feutrés de l'Hôtel de l'Univers à Tours, Pierre Carles a parlé sans langue de bois. Comme à son habitude.

Pierre Carles était aux Studio, à Tours, vendredi, pour une avant-première de son film sur Georges Bernier, dit Choron, grand provocateur devant l'Éternel.

Comment est née l’idée de ce documentaire sur Georges Bernier, dit Choron, cofondateur du journal Hara Kiri ?

« Un jour, Éric Martin, qui a coréalisé le film avec moi et qui a travaillé avec Choron, est venu me voir et m’a dit : ’’ Choron ne va pas bien, il faut se dépêcher de faire un film. ’’ C’est ce qu’on a fait. Avec rien. Comme Choron qui n’avait plus rien à la fin de sa vie. Il vivait dans une cave, ruiné, sans personne. Tout le monde l’avait laissé tomber. »

C’est une sorte d’hommage, donc ?

« On a essayé de lui rendre justice, surtout. Cavanna et Choron ont créé Hara Kiri qui va devenir Charlie Hebdo. Quand Philippe Val reprend le journal en 1992, il laisse Choron sur la touche. Sans hommage. Sans aucune reconnaissance. Des amis comme Cabu, Wolinski, le laissent tomber. Alors que c’est lui qui a tout inventé, qui a été le plus loin dans la provocation. »

Un tel personnage aujourd’hui, est-ce possible ?

« Non, je ne crois pas. Il faut du panache. Il faut être prêt à finir dans une cave. Sans un rond. Tous étaient des fils de prolos. Ils savaient parler de la misère et s’en moquer. Aujourd’hui, on a tous nos petites carrières à gérer. La nouvelle équipe de ’’ Charlie ’’ monte les marches de Cannes. Ils se prennent vraiment au sérieux. Les anciens n’auraient jamais fait ça. Ou ils l’auraient fait autrement. Les marches, ils les auraient sûrement descendues, eux. »

Philippe Val, le rédacteur en chef de Charlie Hebdo, et d’autres du journal attaquent en justice les distributeurs de votre film. Cela vous choque-t-il ?

« Non, pas de la part de Val. Ils veulent que leurs noms soient retirés de l’affiche. Ce qui est drôle par contre, c’est que j’ai pu sortir mon film ’’ Pas vu, pas pris ’’, il y a dix ans, grâce à une souscription lancée par Charlie Hebdo. Sur l’affiche, on avait mis une quinzaine de noms comme PPDA, Etienne Mougeotte... Et personne n’avait trouvé à y redire. »

Sa fille, Michèle Bernier, a-t-elle vu le film ?

« Non, pour le moment, elle n’a pas souhaité le voir. Choron n’a pas dû être le père idéal. Sa famille, d’esprit en tout cas, c’était ses potes. »

Sortie nationale de « Choron dernière » prévue le 7 janvier.

Propos recueillis par Delphine Coutier


TOUS LES DOCUMENTS CI-DESSOUS ONT ÉTÉ INTÉGRÉS DANS LES PAGES DU MHM SUR LE FILM


Des ô et débats

Radio Béton 93.6 à Tours le 20 décembre http://www.desoetdebats.somagfx.com/?p=117 Pour écouter en ligne l'émission

"
Pierre Carles, réalisateur, de passage à Tours pour présenter en avant première aux cinémas Studio son dernier film « Choron dernière » vient nous parler de son parcours, de ses films et surtout du dernier qui retrace le parcours du créateur de Hara Kiri, le journal Bète et méchant, qui paraitra en 1960." Une émission avec des problèmes de micro et donc quelques bruits désagréables.



COUPS DE BOULE

Choron : le cimetière en chantant

mercredi 24 décembre par Arthur http://www.bakchich.info:8080/article6279.html


Le juge des référés du tribunal de Paris a débouté, le 22 décembre, Cabu, Wolinski et Val qui réclamaient l’interdiction de l’affiche du film « Choron dernière ». Arthur, ex de Charlie, aujourd’hui à Siné revient sur la polémique.

Le 7 janvier, devrait sortir en salles « Choron dernière », une œuvre de Pierre Carles et Martin. Pourquoi « devrait » ? Parce qu’il est sous-titré : « Vie et mort du professeur Choron et de Charlie Hebdo » et que, s’agissant du deuxième cadavre, on trouve sur l’affiche les noms des croque-morts : Val, Wolinski et Cabu, lesquels sont allés en justice pour faire gommer leur participation.


Les connaissant perso, j’étais surpris qu’ils crachent ainsi sur l’occasion unique d’élargir leur surface médiatique. Mais j’ai compris en visionnant le film : ils n’ont que des petits rôles à la Iago. On les voit déguisés en pingouins montant les marches du festival de Cannes. La vedette du film étant ce bon Georges Bernier, alias Choron, l’immortel provocateur qui a créé Hara-Kiri, journal bête et méchant, mais aussi l’Hebdo Hara Kiri, devenu Charlie-Hebdo à la mort de De Gaulle (et mort en 82), puis Charlie mensuel, Zéro, Grodada, La Mouise et on en oublie.

Grand « patron » de presse, punk libertaire, ivrogne au cœur immense, chanteur déjanté, Choron avait vu le trio de la gauche bobo susnommé lui voler le titre Charlie-Hebdo en 1982 pour relancer l’ersatz que l’on connaît et dont les ventes s’effondrent depuis la création de Siné-Hebdo, l’héritier véritable du vrai Charlie-Hebdo. Ces vicelards de Carles et Martin ont eu le culot d’interviewer nos trois lascars à propos de Choron qui avait refusé évidemment de donner son titre bête et méchant à l’équipe du révérend Val. Gênés, Val et Cabu répondent à côté. Faire un canard avec Choron, et son équipe, Vuillemin ou Berroyer ? Vous n’y pensez pas, des anars, des types aussi mal élevés ! Seul, Cavanna verse une larme car il se souvient, lui, que sans Choron qui s’est ruiné pendant 40 ans pour faire vivre ses journaux et révéler au grand public les noms de Reiser, Gébé, Willem et autres Gourio, l’aventure bête et méchante n’aurait pas eu lieu.

Attendons donc la décision de la justice à propos de l’affiche où les noms des trois gugusses pourraient être recouverts du bandeau « censuré » ce qui à lui seul renie toute leur carrière ! Ce film émouvant vous donnera une idée de ce que fut Choron : un homme à part, provocateur grossier, « gentleman déguisé en salaud qui a passé sa vie à rire avec talent d’une société de salauds déguisés en gentlemen » ( « L’Obs »). Mais dont on observe, en le voyant dans son village lorrain retrouver ses vieux potes, qu’il avait gardé son âme d’enfant.

PS : plus de détails à www.choronderniere.com et ne ratez pas l’émission de Daniel Mermet, le 7 janvier, sur Inter.


Une photo de Arnaud Baumann



Choron/PierreCarles Sabord996 envoyé par pixloud


Le Professeur Choron vous salue bien (bande de cons)

Jeudi 11 décembre 2008 à 12:16 Xavier Frison http://www.pour-politis.org/spip.php?article661

Mardi soir, j’ai profité d’un moment d’inattention de Christophe Kantcheff et d’Ingrid Merckx, les tauliers de la rubrique Culture qui se tapent tous les films en avant-première, pour leur piquer le carton d’invitation à la projection presse de « Choron dernière, vie et mort du Professeur Choron et de Charlie Hebdo », un film de Pierre Carles et Martin.

Pour ceux qui ne le connaissent pas, le Professeur Choron, de son vrai nom Georges Bernier, a été, entre autres facéties, le fondateur de Hara-Kiri puis de Charlie Hebdo. Le type chauve à porte-cigarette en pull rouge qui envoyait chier la terre entière, c’était lui.

Autant le dire tout de suite, le docu vaut le détour. Évidemment, avec un tel personnage central, ça aide. Choron, qui exhibe sa bite comme Sarkozy sa montre, y est dépeint avec bienveillance, bien que les auteurs s’en défendent. La -trop- longue séquence consacrée au « retour sur les lieux d’enfance du Professeur », qui a le mérite de montrer un Choron sans fard, en atteste. Les quatre mains qui guident la caméra aiment leur sujet, même si elles ne cachent pas les mauvais côtés du bonhomme, au sommet desquels trône une solide réputation de gestionnaire calamiteux, qui aura précipité Charlie à la banqueroute.

L’autre versant du film, pas le moins intéressant, s’intéresse à l’actuelle équipe de Charlie Hebdo, relancé en 1992 après plusieurs procès intentés par Choron pour empêcher l’utilisation du titre. A la tête de cette nouvelle rédaction, l’insupportable Philippe Val. Choron est rond comme un ptit ballon de rouge, Val est sec comme une trique. Quand il ne vitupère pas contre la terre entière, l’œil brillant, Choron a la banane. Quand Val ne fréquente pas les marches du Festival de Cannes en smoking, acoquiné de BHL (tiens donc), il tire la gueule. Et traite de « stupide », avec une rare condescendance, le reporter qui a l’audace de lui demander par quel miracle Charlie n’a rien fait de particulier pour rendre hommage au Prof à sa mort, en janvier 2005.

Dans l’une des scènes les plus pathétiques du documentaire, Carles et Martin, dans le rôle des journalistes naïfs, interrogent l’équipe, attablée dans une belle brasserie, sur cette même question, le pourquoi de l’absence d’hommage au Professeur dans Charlie au moment de sa mort. Malaise à table. Autre question qui fâche, qui décide de la Une du journal ? « Avant, c’était à l’unanimité, maintenant, c’est lui qui décide », lâchent les employés en pointant du doigt Philippe Val. Les employés, il faut bien les nommer ainsi, les Cabu ou autre Wolinski, réagissant comme des sous-fifres apeurés face à Val, mâchoire serrée et faciès impassible, sauf pour esquisser un semblant de rictus, le regard froid, sans un regard pour ses « gens ». Rien n’est dit dans cette scène, mais la communication gestuelle et spatiale crache le morceau avec une froide cruauté : il y a un patron à bord et ses obligés, priés de suivre la ligne. A une autre occasion, dans une démonstration de lâcheté d’une rare limpidité, les mêmes Cabu, Wolinski, suivis par Val, bien entendu, nieront le rôle moteur de Choron, en mettant en avant Cavanna, toujours présent dans le nouveau Charlie Hebdo.

Pas de chance, le même Cavanna, seul dans son bureau, face caméra, infirmera lui-même cette réécriture de l’histoire, en remettant Choron à sa juste place, celle de tête de proue du journal, tiré à l’époque par ces deux bourrins complémentaires. Il lui viendrait d’ailleurs presque la larme à l’œil, à Cavanna, en souvenir du bon vieux temps. A moins que ce soit une violente prise de conscience de ce qu’il est devenu, lui et ce journal, tellement loin de ce qu’il fut.

« Choron dernière », c’est à déguster dans toutes les bonnes tavernes à partir du 7 janvier : www.choronderniere.com


CINE : CHORON DERNIERE

http://www.dvdrama.com/news-30561-cine-choron-derniere.php Le 2008-12-02 02:38:00 Gilles Botineau

En bref : Un documentaire passionnant, par le réalisateur de « Pas vu, pas pris ». Incontournable ! 08/10

Si l'on parle beaucoup de Coluche ou bien encore de Serge Gainsbourg, on en oublie souvent un autre trublion, pourtant marquant dans l'Histoire pour avoir voulu « secouer » notre société, le dénommé Georges Bernier, alias Professeur Choron.
Le documentaire réalisé par Pierre Carles et Eric Martin ne retrace pas l'ensemble de son existence ou de son œuvre, mais propose plutôt un choix d'archives limité et précis, permettant ainsi de dresser un portrait plus juste du personnage.

Diffusé depuis plusieurs mois au sein d'une tournée et de nombreux festivals à travers la France entière, Choron dernière semble avoir progressivement trouvé son public et motivé des distributeurs, en l'occurrence Tadrart Films, pour une sortie en salles prévue le 07 Janvier 2009. Nous ne l'espérions plus. En effet, il est rare de visionner un documentaire aussi riche et puissant. Son absence sur nos écrans aurait donc été un véritable gâchis. Ce film permet en effet de rendre justice à un formidable humoriste, aujourd'hui méconnu du grand public, trompé et maltraité au cours de son incroyable carrière. Ceux qui l'ont bien connu le reconnaîtront, les plus jeunes le découvriront.

L'essentiel de Choron nous est donc ici présenté, qu'il s'agisse des journaux Charlie Hebdo ou Hara-Kiri, de ses conseils au format vidéo proche de Les Nuls ou de Groland qui se sont très certainement inspirés de lui, sans oublier ses inoubliables chansons humoristiques. Sa personnalité est essentiellement révélée à travers de célèbres archives télévisuelles (ses fameux coups de gueule), et d'autres plus rares. Ces dernières nous permettent d'ailleurs de porter un regard neuf et plus intime sur le personnage, se moquant par exemple des habitants de son village d'enfance avec une incroyable tendresse, ou subissant une réelle opération, le pénis à l'air, coincé entre les quatre murs d'un hôpital. Nous découvrons également tout au long de ce documentaire certains de ses anciens amis ou « collègues », de Cavanna à Topor, en passant par Reiser, Gébé, Cabu et Wolinsky. Bien évidemment, le film ne peut éviter de dresser un « cruel » mais finalement authentique portrait de Philippe Val, nouveau directeur de la publication et de la rédaction de Charlie Hebdo suite au départ « forcé » du Professeur Choron. Telle est d'ailleurs la grande force de ce documentaire : toutes les opinions possibles et imaginables concernant le Professeur sont ici dévoilées. Aucune censure n'intervient et la liberté d'expression semble de mise. Seul le montage (et la culture personnelle) influencera votre regard sur l'histoire de ce personnage.

Choron dernière offre un point de vue à la fois franc et fidèle sur l'un de nos plus grands humoristes, injustement oublié. Finalement, ce film se révèle être un très bel hommage, à découvrir de toute urgence. Salut l'artiste !

Galerie d'images : http://www.dvdrama.com/galerie/choron_derniere_/


Copains comme Choron

Le Professeur Choron, alias Georges Bernier, a grandi à Aubréville, où a été présenté un documentaire qui brosse un portrait très humain de la bête. Le sujet dérange toujours autant.
Par Catherine BELIN,
Le Républicain Lorrain, dimanche 30/11/2008

Copains comme Choron [Fichier .pdf, 191 Ko]


mercredi 7 janvier 2009

(reprise d'article) Tarnac: lettre ouverte à tous ceux qui soutiennent les inculpés du 11 novembre, par Benjamin épicier-terroriste (Mediapart)

http://www.mediapart.fr/club/edition/les-invites-de-mediapart/article/070109/tarnac-lettre-ouverte-a-tous-ceux-qui-soutienne

Nota : c'est très mal de reprendre un billet publié ailleurs, je sais, mais Mediapart a la fâcheuse habitude (comme ASI) de passer en payant des contenus d'abord d'accès libre, une fois les liens établis vers ces textes, ce qui est encore plus mal élevé à mon avis... (NDL'HM)

Ce texte est repris désormais ici : http://www.soutien11novembre.org/spip.php?article126

Dans un texte adressé à Mediapart, Benjamin Rosoux, 30 ans, «épicier-terroriste», l’un des neuf de Tarnac, revient sur la prison, le traitement médiatique, judiciaire et policier de l'affaire des sabotages à la SNCF. Et prévient: «Viendra le moment où on devra bien nous rendre des comptes pour le préjudice énorme qu’on nous a fait subir, à nous, à Tarnac, mais aussi pour ce qui n’est qu’une provocation supplémentaire à l’encontre de tout ce qui ne se résigne pas au désastre en cours.»

Salut à tous,

C’est après trois semaines de décompression et un temps de réflexion, de lecture intensive de tout ce qui s’est dit sur cette affaire pendant que nous étions au trou, que j’entame l’écriture de cette lettre.

Je suis sorti de Fresnes voilà un peu plus de trois semaines maintenant, un peu déboussolé. Je ne m’attendais plus à être libéré aussi vite devant ce qui semblait être un traquenard si bien orchestré. Retrouver l’air du dehors et l’horizon du monde ont bien sûr été un grand soulagement, on s’habitue si vite à voir son existence bornée par des murs et des grilles, qu’il semble que ça fait des siècles quand bien même ça ne fait au fond que 2 ou 3 semaines. Je remercie du fond du cœur tous ceux qui se sont démenés pour nous sortir de là. Je suis sûr que malgré tout l’arbitraire qui entoure les décisions de justice, cette pression nourrie par les comités, les parents, amis et tous ceux qui ont senti à raison que cette affaire les concernait au plus près a eu un effet conséquent. J’aurais aimé pouvoir le faire d’une seule voix avec mes camarades co-inculpés mais comme vous le savez il nous est interdit de rentrer en contact d’une quelconque manière sous peine notamment de retourner en prison.

 Mais je suis hanté d’une certitude : cette libération relève d’une « chance » inespérée, chance qui remonte à loin, celle d’une part d’être né blanc, d’avoir eu l’opportunité d’être diplômé, d’avoir des parents et des amis issus de cercles « privilégiés » dont la mobilisation a sans nul doute plus de chance d’être entendue que si j’étais né ailleurs et dans un autre milieu.

Je suis hanté bien sûr par le fait que deux de mes amis et camarades soient toujours incarcérés pour des motifs aussi rocambolesques, mais aussi par la pensée que des centaines d’autres personnes croisées notamment au cours de ma courte détention n’ont jamais eu cette « chance » et pour cause. Les prisons françaises ont englouti au cours des dernières années toute une frange de la jeunesse de ce pays, cette frange jugée inassimilable, sans cesse harcelée, toujours « déjà condamnée » et qui refuse toujours de rentrer dans les rangs étouffoirs de cette société. Un fait saute aux yeux quand on fréquente les cours de prison, une très claire majorité de détenus est composée par des jeunes des quartiers populaires, dont certains ont été abonnés aux séjours en prison. On remarque aussi le nombre effarant de personnes détenues, pour des périodes souvent très longues, sous le régime de la détention provisoire, régime dit « exceptionnel ». 6 mois, 9 mois, 1 an, 2 ans, 3 ans, sans procès et bien souvent sans preuve tangible. C’est qu’il est sans doute plus compliqué d’avoir des ‘témoignages de moralité’, des garanties de représentation recevables quant on vient de Villiers-le-Bel, Aubervilliers ou Bagneux, quand vos parents sont considérés comme étrangers, qu’ils ne maîtrisent pas la langue des magistrats et des media ou quand ils ne justifient pas d’une activité professionnelle stable et surtout reconnue.

 

Pas de misérabilisme toutefois, la solidarité se forge aussi derrière les murs des prisons, la politique pénale de ce gouvernement est en train de fabriquer une bombe à retardement. Plus on bourrera jusqu’à la gueule les geôles de ce pays, plus des destins vont s’y croiser et dresser des ponts entre tous ces milieux si savamment séparés à l’extérieur.

Le rapprochement entre les traitements politiques, policiers et médiatiques (cette triade tend à devenir une expression consacrée, peut être faudrait-il penser à les fusionner officiellement !), de l’affaire de Tarnac et celle de Villiers-Le-Bel l’année dernière est pertinente à plus d’un titre…

Novembre 2005 (Clichy sous Bois), CPE, élection présidentielle, Villiers-le-Bel, LRU, … deux parties de la jeunesse que tout a priori oppose, nourrissent conjointement la paranoïa du pouvoir.

La réponse ne se fait pas attendre et prend les même traits. D’un côté « lutte contre le règne des bandes » pour justifier la répression dans les quartiers après les émeutes, de l’autre, fabrication de toutes pièces d’une « mouvance anarcho-autonome », de « groupuscules d’ultra-gauche », comme repoussoirs à la révolte diffuse qui essaime au fil des mouvements de la jeunesse étudiante ou « précaire ». Dans les deux cas, une politique de communication de longue haleine pour dessiner les contours de « l’ennemi intérieur », qui débouche bruyamment sur des opérations coup de poing sur-médiatisées. Démonstrations de force démesurées, curées médiatiques, embastillements purs et simples. Faut-il le rappeler, outre les inculpés et incarcérés multiples de novembre 2005, cinq personnes sont toujours incarcérées après le coup de filet de Villiers-le-Bel et attendent un procès qui ne vient pas, faute de preuves. Aujourd’hui c’est notre tour, mais la chasse aux dits « anarcho-autonomes » est ouverte depuis plus d’un an, six personnes au moins ont déjà été interpellées et entendues devant les juridictions anti-terroristes depuis décembre 2007 pour des faits ou des suspicions qui n’avaient jamais relevé d’un tel régime juridique jusque là. L’étau se resserre et tous les coups semblent désormais permis.

Il a déjà été développé largement dans les communiqués des comités de soutien à quel point le recours aux outils de l’anti-terrorisme représente un glissement significatif des procédés de gouvernement et de la « gestion » de la contestation. Des scénarii déjà vus dans plusieurs pays au cours des dernières années (USA, Royaume-Uni, Allemagne, Italie…) débarquent avec fracas en France et signent l’entrée dans un régime où l’exception devient la règle. Ces procédures n’ont la plupart du temps rien à voir avec le « terrorisme » et ce quelle que soit la définition qu’on en donne, elle répondent à la logique millénaire de « en réprimer un pour en apeurer cent ». En d’autres temps on en aurait pendu « quelques-uns » à l’entrée de la ville, pour l’exemple.

 

Dans notre cas, il est très vite apparu que « l’affaire des sabotages de la SNCF » n’était qu’un prétexte opportun pour déployer au grand jour une opération de communication et de « neutralisation préventive » prévue de longue date (depuis l’arrivée de MAM au ministère de l’intérieur). La rapidité de la mise en branle de « l’opération Taïga » et l’absence quasi totale d’éléments matériels au dossier, même après les perquisitions et les interrogatoires croisés, dévoile très vite à qui n’est pas occupé à hurler avec les loups, la grossièreté du montage policier. Il aura pourtant été fait de sévères efforts d’assaisonnement de cette histoire un peu fadasse, un « groupuscule en rupture de ban et s’adonnant à la clandestinité », un « chef incontesté », son « bras droit », ses « lieutenants », des « relations amicales » ménagées dans le village par « pure stratégie ». Mais rien n’y fait les gens croient définitivement et heureusement plus « à ce qu’ils vivent qu’à ce qu’ils voient à la télé ».

Une fois répondu pour chacun à la question de sa participation ou non aux « actes de dégradation » sur les caténaires de la SNCF, reste cet immense gloubi-boulga qu’est l’accusation de « association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste ». C’est d’ailleurs le seul chef d’accusation qui pèse sur la plupart des inculpés dont moi-même.

Ce chef d’inculpation repose sur un faisceau d’informations et d’hypothèses disparates, réunies par les services de renseignement, mais que seule une prose policière pour le moins imaginative permet d’articuler entre elles d’une manière aussi unilatérale. Les liens d’amitié, politiques chacun à leur manière, deviennent sans l’ombre d’un doute des affiliations organisationnelles voire hiérarchiques. On fait d’une série de rencontres, de la participation de quelques uns à des manifestations, de la présence de certains autres relevée au cours des mouvements sociaux qui ont émaillé les dernières années, les présages de la raison d’être strictement ‘politique’ (au sens le plus classique et plat du terme) d’un « groupe » identifiable et isolable comme « cellule » (cancéreuse ?). Cela est une contre vérité absolue et détermine un certain nombre de contre-sens vis à vis de ce dont nous avons été diversement porteurs au fil des années.

Le délit « d’association » permet d’englober d’un seul coup l’entièreté de l’existence des personnes visées et tout peut y devenir un élément à charge : lectures, langues parlées, savoir-faire, relations à l’étranger, mobilité, absence de téléphone portable, rupture avec son ‘plan de carrière’ où avec son extraction sociale, vie amoureuse et j’en passe.

L’utilisation de ces outils « antiterroristes » n’est finalement rien d’autre que l’indice de l’agressivité propre à tout pouvoir qui se sait de toutes parts menacé. Il ne s’agit pas tant de s’en indigner. Il s’agit en tout cas de ne pas, ou plus, être dupe de cette opération de police politique. Elle n’est que la tentative, des tenants du pouvoir, de communiquer au « corps social » leur propre paranoïa, qui, elle, n’est peut être pas totalement sans fondement.

 

On parle beaucoup autour de cette affaire de l’essai intitulé « L’insurrection qui vient » et tout le monde y va de son hypothèse pour dire QUI est derrière cette signature qu’est le « comité invisible ». Cette question n’est intéressante que d’un point de vue strictement policier. Le choix éditorial d’anonymat qui a été fait doit être entendu, à mon avis, non comme une particulière paranoïa des auteurs (même si elle se trouverait aujourd’hui cent fois justifiée) mais par l’attachement à une parole essentiellement collective. Non pas la parole d’un collectif d’auteurs qu’on pourrait dénombrer, mais une parole qui s’est forgée dans les aléas d’un mouvement où la pensée ne saurait plus être attribuée à tel ou tel en tant qu’auteur.

Ce livre suscite beaucoup de désaccords, voire de réprobation y compris parmi nous qui avons pourtant fait l’effort de le lire et le comprendre. Il me semble que c’est l’objet même de l’écriture politique : mettre ce qui demande a être débattu sans délai au centre, le rendre incontournable, quitte à être cru et sans nuance.

Tous ceux qui, par ailleurs, prétendent savoir QUI est l’auteur de ce livre mentent purement et simplement ou prennent leur hypothèse pour la réalité.

 

Les « lectures » récentes de ce livre, notamment celle de la police et de quelques criminologues de salon posent à beaucoup la question de la « radicalité ». Cette « radicalité » nous est renvoyée à nous comme trait d’identité, voir comme chef d’inculpation qui ne dit pas son nom. Je ne me sens pas particulièrement radical, au sens d’être prêt à accorder les constats, les pensées et les actes (ce que plus personne ne fait malheureusement et depuis longtemps). Par contre la situation est radicale et l’est de plus en plus. Elle détermine des mouvements de radicalisation diffus, qui ne doivent rien à quelque groupuscule que ce soit. Chaque jour dans mon activité d’épicier notamment ou quand je sers au bistrot, ou bien encore quand j’étais en prison, je discute, j’écoute ce qui se dit, se pense, se ressent, et je me sens parfois bien modéré face à la colère qui monte un peu partout. Ce gouvernement a sans doute raison d’avoir peur que la situation sociale lui échappe, mais nous ne servirons pas sa campagne de terreur préventive, car le vent tourne déjà. Il vient de Méditerranée.

 

Il y aurait encore beaucoup de choses à dire, de doutes à lever, de manipulations à déjouer, mais tout ça ne fait que commencer. Ainsi ma position est en phase avec celle des comités de soutien qui fleurissent un peu partout : abandon des charges de « entreprise terroriste » et « d’association de malfaiteurs », libération immédiate de Julien et Yldune et de tous ceux et celles qui sont incarcérés à ce titre, pour commencer…

 

Viendra le moment où on devra bien nous rendre des comptes pour le préjudice énorme qu’on nous a fait subir, à nous, à Tarnac, mais aussi pour ce qui n’est qu’une provocation supplémentaire à l’encontre de tout ce qui ne se résigne pas au désastre en cours.

 

Benjamin, épicier-terroriste.

vendredi 2 janvier 2009

Notules de peu

• On ne détournera pas l'occident de ses agapes avec quelque chose d'aussi anodin qu'un massacre oriental, entre la dinde, le champagne et les langues de belle-mère. La concomitance de nos chants et danses de l'an neuf et de la barbarie israélienne s'appelle PORNOGRAPHIE. On croit comprendre qu'il ne sert à rien de le crier, vous qui vivez là-bas abandonnez tout espoir, vous ne nous intéressez pas ou si peu. À s'arrêter un instant sur le pensée de plusieurs lustres du martyre organisé d'un peuple, on s'étrangle de RAGE. Le calcul des barbares est que nous préférerons nous taire de peur que les gros mots nous viennent à la bouche.
Sur Rezo, la compilation des malheurs d'un peuple, des vaines explications et des protestations dresse un panorama TRAGIQUE. On a le sentiment que toute démonstration est vouée par avance à l'échec sur un sujet englouti dans un immense crépuscule de la Raison. La répétition du scandale s'étale depuis 60 ans, elle anesthésie les consciences, les plumitifs cherchent à nous convaincre qu'il n'y a point de scandale, que notre indignation aurait de douteuses origines, qu'elle serait elle-même scandaleuse.
Oui, si l'on est homme et qu'on arrête un instant sa pensée, ON A MAL, on serre les poings, et je regarde ceux qui sont capables de ne pas avoir mal, ceux même qui se réjouissent, comment peuvent-ils s'aveugler à ce point, ne pas voir ni comprendre, comment peut-on être fait ainsi qu'on rejette la souffrance des hommes ?

• On me dit que la montre-bracelet est menacée — La jeunesse préfère le tout-en-un des téléphones mobiles qui donnent l'heure, permettent de téléphoner, d'envoyer des textos subrepticement, de calculer, d'écouter de la musique et d'autres applications inconnues de moi. La mode de les laisser pendre à son cou au bout de laisses ridicules et généralement sponsorisées semble s'épuiser, alléluia ! Un problème se pose néanmoins lors des examens où ces prothèses sont interdites, le désarroi juvénile s'installe, les professeurs conseillent l'emprunt à pépé de sa montre-gousset, à mémé de sa TI89, les pouces s'agitent dans le vide, la peur du vide tactile gagne. Les voilà protégés d'une sorte de cheiralgie, celle liée au syndrome du bracelet-montre de Matzendorf (ou Matzdorff?), mais menacés peut-être par quelque tendinite vers les pouces et par les ondes qui grilleraient des neurones, qui sont heureusement en abondance et de toute façon sous-utilisés à ces âges.

• Il fait froid

Je le sais car c'est écrit sur le gadget qui s'affiche sur l'écran de l'ordi qui marque la température, l'ensoleillement et les phases de la lune.
Oui, pour connaître le temps qu'il fait, je regarde un bête bidule sur l'écran de l'ordinateur, vers lequel un serveur, situé on ne sait où, envoie des informations météorologiques, récoltées on ne sait comment, sur la situation à un mètre cinquante de moi de l'autre côté de la porte-fenêtre. L'époque est formidable.
nota : le Grand dictionnaire me déçoit qui pour widget ne donne que "gadget logiciel" ou "objet fenêtre", c'est pauvre.

• Travail de cochon

Cochon : l'infographiste de Libération qui a produit le travail de l'image 1 pour illustrer un articulet sur la montée du chômage en France. Il s'agit de pure illustration, parfaite redondance avec « l'explosion du titre » ne comportant aucune information statistique supplémentaire du fait de l'échelle de merde choisie. En image 2, un graphique issu de la source DARES originale, courbe du bas et deux derniers carreaux pour retrouver le segment sélectionné par le cochon. Miguelito me dit : « Manipulation ! ». Je penche plutôt pour l'incompétence. L'image présente toutes les garanties de la scientificité (et elle n'est d'ailleurs pas fausse), avec l'indication précise de la catégorie (DEFM1, corrigées des variations saisonnières) et de la source (DARES), elle est là pour donner l'impression d'un supplément de vérité à l'article, sans produire en réalité aucune vérité supplémentaire, et même pas mal de mensonge. Illustration.


Pour être journaliste Joseph Ghosn ne m'en parait pas moins estimable
— à première vue, du moins, parce qu'il a écrit, sur des sujets culturels, dans des journaux que je n'ai pas lu (Inrockuptibles, Magic). Son blogue est parfois intéressant et particulièrement ce 24 décembre où il publie : « J’ai posé des questions à Hendrik Hegray et Jonas Delaborde à propos de Nazi Knife 5 », un entretien hautement recommandé, si vous êtes curieux d'apprendre comme on produit un petit bijou de graphzine aujourd'hui.

• Le style c'est l'homme — Sur un autre blogue que je visite depuis peu, cette citation de John Lydon : « Chaque fois que je vois Bono avec ses énormes lunettes d’aviateur dans ses pantalons moulants en cuir, je ne peux pas le capter. Je ne peux pas le voir en train de résoudre les problèmes du monde. Il écrase ses testicules dans des pantalons serrés pour la paix du monde. »
John Lydon

mardi 23 décembre 2008

Pas de Choron au mk2 Beaubourg, par Pierre Carles


TOUS LES DOCUMENTS CI-DESSOUS ONT ÉTÉ INTÉGRÉS DANS LES PAGES DU MHM SUR LE FILM


PAS DE CHORON AU MK2 BEAUBOURG

Bertrand Roger,

À propos de la non-programmation par mk2 de mon dernier film « Choron, dernière » (coréalisé avec Martin), j’ai reçu ce mèl de Nathanaël Karmitz en réponse à celui que je vous ai envoyé la semaine dernière.1

Monsieur,

Vos propos sont tout simplement inacceptables. Pour votre parfaite information, nous avons informé votre distributeur depuis cet été que la date choisie était très chargée et que nous étions déjà engagé sur la sortie d'autres films à cette date au mk2 Beaubourg. De plus, et bien que vous ne vouliez pas l'entendre, ce film n'a pas enthousiasmé notre programmateur contrairement à certains de vos précédents films. Manifestement cela vous est difficile à accepter mais cela n'a rien à voir avec vos affabulations et autres théories du complot.

Nathanael Karmitz

Admettons que je sois un grand paranoïaque. Admettons que ce soit seulement parce que vous n’avez pas aimé « Choron, dernière », que ce film ne sera pas à l’affiche du mk2 Beaubourg le 7 janvier 2009. Admettons que je sois un adepte de la « théorie du complot » et que les relations d’amitié entre Philippe Val, BHL et Marin Karmitz ne soient pour rien dans la non-programmation de « Choron, dernière » au mk2… Admettons.

Si l’on suit le raisonnement de votre directeur, on doit aussi considérer comme « affabulateurs » deux autres individus : Marie Demart, la programmatrice de « Choron, dernière » (avec Tadrart Films), et Jack Mercier qui a distribué en salles mon premier film « Pas vu pas pris » (avec Cara M).

Marie Demart affirme n’avoir reçu une réponse négative de mk2 pour « Choron, dernière » qu’à la mi-décembre 2008 et non pas l’été dernier, comme le prétend Nathanaël Karmitz. C’était, en effet, tout simplement impossible : 3B productions n’a décidé que… fin septembre 2008 de sortir le film. Ce n’est qu’à partir de cette date que Marie Demart a pris contact avec les exploitants, dont vous à mk2. On en peut envisager que deux hypothèses : soit mk2 ment, soit c’est Marie Demart qui raconte n’importe quoi. Je pencherais pour la première.

Autre personne qui me semble difficilement pouvoir être qualifiée d’affabulateur : Jack Mercier, actuellement retraité, qui a laissé le souvenir d’un homme droit et intègre dans le monde de la distribution indépendante. En 1999, il a raconté dans un entretien à « Charlie Hebdo » que Marin Karmitz avait refusé de sortir « Pas vu pas pris » au mk2 de peur d’indisposer Canal +, mis en cause dans le film. Ses propos n’ont pas fait l’objet d’un démenti de la part de mk2.

Aujourd’hui, vous continuez d’entretenir l’illusion que mk2 serait un « petit » de l’exploitation cinématographique, défendant le cinéma indépendant, se battant pour « une autre idée du cinéma ». Je ne suis pas le seul à penser que la réalité est tout autre. Voici ce qu’écrivait un lecteur du « Monde » le 14/12/08 :

J'ai connu Marin Karmitz [cinéaste, producteur, exploitant, distributeur et fondateur de MK2, membre de la commission Copé sur l'avenir de la télévision publique] au Moulin d'Andé quand il tournait Coup pour coup [en 1972] dans l'usine Blin & Blin à Elbeuf-sur-Seine. J'y jouais les figurants avec d'autres pour faire « l'ouvrier » du textile en guerre contre leur patron. À cette époque, Marin était du côté de la révolution. Aujourd'hui, il trouve que Nicolas Sarkozy, le fossoyeur de Gaz de France, bientôt de La Poste, le bon ami du Medef, « a peut-être sauvé France Télévisions. » [ Le Monde du 9 décembre] Tout est dans le peut-être... parce que ça n'est pas certain ?

JEAN-PIERRE J.

En octobre 2002, au moment de la sortie de mon troisième film « Enfin pris ? », j’avais qualifié Marin Karmitz d’« imposteur » dans la revue de cinéma « Repérages ». En représailles, mk2 avait retiré le film de ses salles. Avec « Choron, dernière », l’histoire se renouvelle. De père en fils.

Pierre Carles

lundi 22 décembre 2008

Procès Charlie Hebdo/Choron dernière : revue de presse


«Choron, dernière» - Communiqué de presse

Suite de l’assignation en référé de 3B et Tadrart Films par MM. Cabu, Val et Wolinski le 19 décembre 2008.
Monsieur le Président du Tribunal de Grande Instance de Paris (assignation en référé) a statué :

« Statuant par mise à disposition au greffe, par ordonnance contradictoire et en premier ressort,

Condamnons M. Jean CABUT, M. Philippe VAL, M. Georges WOLINSKI aux dépens et à payer à la société 3B et à la société TADRART FILMS la somme de 1000 euros chacune par application de l’article 700 du Code de procédure civile.

Fait à Paris, le 19 décembre 2008. »

Le film CHORON, DERNIÈRE est LA seule riposte aux polémiques présentes et futures. Les enjeux du film de Pierre Carles et Martin vont, heureusement, bien au-delà d’une entreprise de dénigrement convenu. C’est le portrait d’un homme, le Professeur CHORON, qu’aujourd’hui encore, aucun mouvement politique ou idéologique ne peut, n’a pu et ne pourra « récupérer ».

3B productions et Tadrart Films (Jean Bréhat et Muriel Merlin),
22 décembre 2008.


TOUS LES DOCUMENTS CI-DESSOUS ONT ÉTÉ INTÉGRÉS DANS LES PAGES DU MHM SUR LE FILM


Plainte conte [sic] "Choron dernière" : Cabu, Val et Wolinski déboutés

NOUVELOBS.COM | 22.12.2008 | 14:47
http://tempsreel.nouvelobs.com/speciales/medias/20081222.OBS6756/
plainte_conte_choron_derniere_cabu_val_et_wolinski_debo.html


Les deux dessinateurs et le directeur de la publication de Charlie Hebdo réclamaient l'interdiction de l'affiche du film sur laquelle leurs noms sont mentionnés.

Le juge des référés du tribunal de Paris a débouté, lundi 22 décembre, Cabu, Wolinski et Philippe Val ainsi [sic] qui réclamaient l'interdiction de l'affiche du film "Choron dernière", sur laquelle leurs noms sont mentionnés. Les deux dessinateurs et le directeur de la publication de Charlie Hebdo apparaissent dans le film uniquement dans des images d'archives. Ils estimaient toutefois que la mention de leurs noms sur l'affiche laissait penser qu'ils y avaient participé volontairement, ce qui n'était pas le cas.
Le documentaire réalisé par Pierre Carles et Eric Martin, dont la sortie est prévue sur les écrans le 7 janvier, retrace la vie de Georges Bernier, alias le professeur Choron, cofondateur du journal satirique Hara Kiri, mort le 10 janvier 2005 à l'âge de 75 ans.

"Pas lieu a référé" [sic]

Les trois hommes ont donc décidé d'assigner pour atteinte à leur nom les sociétés 3B Productions et Tadrart Films, respectivement producteur et distributeur du film.
Dans son ordonnance, la juge des référés Magali Bouvier a estimé qu'il n'y avait "pas lieu à référé". En effet, écrit-elle, les demandeurs n'ont pas réussi à démontrer que la mention de leurs noms sur l'affiche "constituait une atteinte à la vie privée telle que leur diffusion prochaine constituait un péril imminent justifiant" l'interdiction de l'affiche.
Pour la magistrate, il est bien clair que le film de MM. Carles et Martin est un "film documentaire", et que la mention incriminée "ne s'interprète pas d'évidence comme étant autre chose que la liste des personnes dont des interventions figurent dans le film (...) et il s'agit d'une information pertinente".


Cabu, Val et Wolinski resteront à l'affiche de “Choron dernière”

http://www.telerama.fr/cinema/cabu-val-et-wolinski-resteront
-a-l-affiche-de-choron-derniere,37289.php
22/12, 19h

LE FIL CINéMA - Ils demandaient que leurs noms disparaissent de l'affiche du film de Pierre Carles et Eric Martin consacré au cofondateur de “Hara Kiri”. La justice leur a dit “non”.

Ouf. Cabu, Philippe Val et Wolinski, de Charlie Hebdo, qui réclamaient l'interdiction de l'affiche du film Choron dernière, ont été déboutés aujourd'hui par le juge des référés du tribunal de Paris. Alors qu'ils apparaissent dans le film uniquement dans des images d'archives, ils estimaient que la mention de leurs noms sur l'affiche laissait penser qu'ils y avaient participé volontairement, ce qui n'était pas le cas. Et avaient donc décidé la semaine dernière d'assigner pour atteinte à leur nom les sociétés 3B Productions et Tadrart Films, respectivement producteur et distributeur du film de Pierre Carles et Eric Martin, qui retrace la vie de Georges Bernier, alias le professeur Choron, cofondateur de Hara Kiri.

Dans son ordonnance, le juge reconnaît le caractère de « film documentaire » de l'œuvre, la mention incriminée « ne [s'interprétant] pas d'évidence comme étant autre chose que la liste des personnes dont des interventions figurent dans le film (...) ». Sage décision, tant cette démarche, qui menaçait la sortie même du film le 7 janvier, tenait du ridicule, voire du pathétique.

Richard Sénéjoux


Film sur le professeur Choron: Cabu, Philippe Val et Wolinski déboutés

http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5i6KtHtYQiz2BiF2_6UM-0wCHLGhw (22/12/2008 13h37)
PARIS (AFP) — Le juge des référés du tribunal de Paris a débouté lundi les dessinateurs Cabu et Wolinski, ainsi que le directeur de publication de Charlie Hebdo, Philippe Val, qui réclamaient l'interdiction de l'affiche du film "Choron dernière", sur laquelle leurs noms sont mentionnés.

Le documentaire réalisé par Pierre Carles et Eric Martin, dont la sortie est prévue sur les écrans le 7 janvier, retrace la vie de Georges Bernier, alias le professeur Choron, cofondateur du journal satirique Hara Kiri, mort le 10 janvier 2005 à l'âge de 75 ans.

Cabu, Wolinski et Philippe Val, qui y apparaissent uniquement dans des images d'archives, estimaient que la mention de leurs noms sur l'affiche laissait penser qu'ils y avaient participé volontairement, ce qui n'était pas le cas.

Les trois hommes ont donc décidé d'assigner pour atteinte à leur nom les sociétés 3B Productions et Tadrart Films, respectivement producteur et distributeur du film.

Dans son ordonnance, la juge des référés Magali Bouvier a estimé qu'il n'y avait "pas lieu à référé". En effet, écrit-elle, les demandeurs n'ont pas réussi à démontrer que la mention de leurs noms sur l'affiche "constituait une atteinte à la vie privée telle que leur diffusion prochaine constituait un péril imminent justifiant" l'interdiction de l'affiche.

Pour la magistrate, il est bien clair que le film de MM. Carles et Martin est un "film documentaire", et que la mention incriminée "ne s'interprète pas d'évidence comme étant autre chose que la liste des personnes dont des interventions figurent dans le film (...) et il s'agit d'une information pertinente".


Choron, Charlie et compagnie…

Le Blog Ecrannoir.fr Posté par vincy, le 19 décembre 2008 http://ecrannoir.fr/blog/blog/2008/12/19/choron-charlie-et-compagnie/

Choron dernière, documentaire tourné avant le décès de Georges Bernier (alias le Professeur Choron) en janvier 2005, allait enfin sortir en salles le 7 janvier 2009. L’alter-médiatisme est en vogue : on attaque Le Canard, Charlie et Siné se font la guerre, Charlie en documentaire à Cannes, on ressuscite même Choron dans Coluche, l’histoire d’un mec<, film de fiction réalisé par Antoine de Caunes.

Ce documentaire de Pierre Carles et Martin, qui ne faisait de mal à personne (avec une trentaine de copies, son impact médiatique était forcément faible), semble déranger… pour d’étranges raisons.  Cabu, Philippe Val et Wolinski assignent en référé aujourd’hui la société 3B productions et le distributeur indépendant Tadrart Films, “pour utilisation des noms (sur l’affiche et le site internet) « CABU, PHILIPPE VAL ET WOLINSKI », à « des fins lucratives et ce afin de susciter l’intérêt du public et de créer une réelle confusion, en l’occurrence, quant à leur participation choisie à une œuvre cinématographique“.

Ceci nous rappelle l’histoire d’un mec, Paul Lederman, producteur lucratif pour ne pas dire un peu possessif de ce qui ne lui appartient pas vraiment, qui avait chercher des noises aux producteurs et distributeur de Coluche, sous prétexte que l’affiche et le titre reprenaient l’expression de l’humoriste “C’est l’histoire d’un mec…” Il fut débouté et parti dépité. mais l’affaire tua la sortie du film.

Mais ici l’histoire choque davanatge [sic]. Il s’agit d’une œuvre très indépendante, peu susceptible de rapporter l’argent investit il y a longtemps dans sa production. Surtout, les attaquants, à l’esprit autrefois libertaire, et en tout cas certainement pas mercantile, abuse[nt] de la judiciarisation de notre société pour obstruer la sortie d’un film.

Des apôtres anars ou de gauche qui ne supportent pas qu’on utilise leurs noms, alors qu’ils sont publiquement liés au Professeur Choron depuis trente ans et plus, car affinités. Tout ça pour quoi ? Si le film ne peut pas sortir, que gagnent-ils ? Empêcher le film d’être vu ? On est loin de la liberté d’expression qui fait leur richesse et leur réputation… Alors, les gentlemen sont-ils déguisés en salauds ?

Car ce procès peut aussi asphyxier les deux petites entreprises… Selon Rue89, les plaignants demandent que les producteurs leur versent à chacun 4 000 euros et, solidairement, 1 500 euros. En outre, les producteurs pourraient avoir à payer les frais de justice et une astreinte de 10 000 euros par infraction constatée. Pour l’instant les autres noms mentionnés - Cavanna, Marc-Edouard Nabe, Siné et Vuillemin - n’ont pas portés plainte.

Derrière cette affaire, on se dit surtout que les plaies ancestrales ne sont pas refermées. Dernier directeur de Charlie Hebdo ancienne version, le Professeur Choron, n’avait pas été consulté par Val, Wolinski et Cabu lors de la renaissance du titre en 1992, et contrairement aux autres, comme Cavanna, Delfeil de Ton ou Siné, il ne fut pas réintroduit dans la famille… Aujourd’hui encore, on préfère qu’il soit oublié. Gageons que Pierre Carles se vengera chaudement en mettant son documentaire sur Internet.


Cabu, Philippe Val et Wolinski attaquent le film sur le professeur Choron

http://qc.news.yahoo.com/s/afp/081219/arts/m__dias_cin__ma_proc__s AFP, Ve 19/12/2008 vers 17h

PARIS (AFP) - Les dessinateurs Cabu et Wolinski, ainsi que le directeur de publication de Charlie Hebdo, Philippe Val, ont sollicité vendredi en référé la modification de l'affiche du film "Choron dernière" qui, dans sa forme actuelle, trompe selon eux sur leur participation volontaire à ce film.

Le documentaire réalisé par Pierre Carles et Eric Martin, dont la sortie est prévue sur les écrans début janvier, retrace la vie de Georges Bernier, alias le professeur Choron, co-fondateur du journal satirique Hara Kiri, mort le 10 janvier 2005 à 75 ans.

Selon Me Richard Malka, Cabu, Wolinski et Philippe Val y apparaissent dans des "images volées ou des images d'archives", mais n'ont nullement participé volontairement au film.

Les trois hommes ont donc décidé d'assigner pour atteinte à leur nom, devant le juge des référés du TGI de Paris, les sociétés 3B Productions et Tadrart Films, respectivement producteur et distributeur du film.

"Que M. Carles (...) fasse le film et l'affiche qu'il veut, ça ne nous intéresse pas, mais qu'il tente de le commercialiser en trompant le public sur la participation de Cabu, Wolinski et Philippe Val à son film, on ne peut pas l'accepter. C'est une question d'honnetêté [sic] minimale", a plaidé vendredi Me Malka devant la juge des référés Magali Bouvier.

"Nous aurions utilisé les noms de MM. Cabu, Val et Wolinski, personnages publics de notoriété reconnue et incontestable pour pouvoir faire venir le public dans les salles!", se sont indignés les défendeurs.

"Attaquer sur le mercantilisme de nos sociétés en demandant des dommages et intérêts et astreintes financières permet non seulement de ne pas attaquer les réalisateurs sur le fond du film mais aussi d'asphyxiser financièrement nos sociétés!", écrivaient-ils encore dans un communiqué en stigmatisant un véritable "coup bas".

Délibéré lundi.


Avant...

(Nota : j'aime beaucoup le "selon Rue89.com qui révèle l'affaire". Sauf erreur, "l'affaire" a été révélée ici. Néanmoins leur site a réellement fait un travail de développement de l'information.)


confidentiels & indiscrets

Cabu, Val et Wolinski poursuivent Pierre Carles en justice

Par Augustin Scalbert | Rue89 | 18/12/2008 | 16H21
http://www.rue89.com/2008/12/18/cabu-val-et-wolinski-poursuivent-pierre-carles-en-justice

Ces trois piliers de Charlie Hebdo attaquent en référé les producteurs du film "Choron Dernière", qui sort le 7 janvier, au motif que leurs noms se trouvent sur l'affiche sans leur accord.

Les sociétés de production 3B et Tadrart Films sont assignées à comparaître vendredi à 14h30 au palais de justice de Paris à cause du dernier film de Pierre Carles (coréalisé avec Martin). Philippe Val, directeur de la rédaction et de la publication de Charlie Hebdo, et les dessinateurs Cabu et Wolinski les poursuivent pour "atteinte au droit au nom (...) à raison de l'utilisation illicite de leur nom dans le cadre de l'affiche du film 'Choron Dernière'".

"Vie et mort du Professeur Choron et de Charlie Hebdo"

Ce film, sous-titré "Vie et mort du Professeur Choron et de Charlie Hebdo", mentionne leurs trois noms sur l'affiche, et sur différents sites Internet, aux côtés de ceux de Georges Bernier (le professeur Choron), Cavanna, Marc-Edouard Nabe, Siné et Vuillemin. (Voir la vidéo)

Si le juge des référés suit les demandes des plaignants, les producteurs seront condamnés à payer 4 000 euros à chacun d'eux, ainsi que, solidairement, 1 500 euros, en plus des frais de justice et d'une astreinte de 10 000 euros par infraction constatée.

L'assignation de leur avocat, Me Richard Malka, indique :

"L'affiche du film, réalisée par le dessinateur Vuillemin, induit une confusion majeure quant à la participation spontanée de Messieurs Cabut, Val et Wolinski au film en question (...) [Leurs noms] ne sauraient donc faire l'objet d'une utilisation à des fins lucratives et ce afin de susciter l'intérêt du public."

Le film, qu'"aucun d'eux n'a visionné", "semble en réalité être un véritable réquisitoire contre les demandeurs", qui y seraient "violemment" dénigrés. Quant à son coréalisateur Pierre Carles, il se serait "déjà illustré par l'utilisation de procédés très contestés".

Cavanna: "Tignous, Charb, Riss, Luz (...), ils rentrent leurs griffes"

Rue89 a visionné ce film, qui comprend quelques extraits propres à gêner l'équipe actuellement dirigée par Philippe Val. En particulier quand l'un des deux principaux fondateurs de Charlie (avec Choron), Cavanna, déclare ceci à propos de ce qu'est devenu l'hebdo (où il travaille toujours):

"[Les dessinateurs] Tignous, Charb, Riss, Luz, c'est des jeunes pleins de talent, pleins d'audace, audace qu'on sent rentrée. Ils rentrent leurs griffes. Tu enregistres, là? Tant pis pour ma gueule."

Me Malka explique qu'en assignant les producteurs du film, ses clients "cherchent à éviter la confusion. On a considéré qu'on ne pouvait pas laisser faire n'importe quoi, pour le principe. La prochaine étape, ça peut être un film porno avec les noms de Val, Cabu et Wolinski."

Du côté des boîtes de production, on s'étonne:

"Attaquer sur le mercantilisme de nos sociétés en demandant des dommages et intérêts et astreintes financières permet non seulement de ne pas attaquer les réalisateurs sur le fond du film, mais aussi d'asphyxier financièrement nos sociétés."

Pierre Carles, lui, trouve que les trois journalistes de Charlie se trouvent en situation d'"arroseurs arrosés":

"Ce qui est drôle dans cette affaire, c'est qu'il y a dix ans, j'ai pu sortir mon film 'Pas vu, pas pris', grâce à une souscription lancée par Charlie Hebdo, que dirigeait déjà Philippe Val. Sur l'affiche, se trouvaient une quinzaine de noms de personnes sans leur autorisation, dont PPDA, Etienne Mougeotte, Patrick de Carolis, ce que cautionnait Charlie Hebdo."


Val, Cabu et Wolinski attaquent Choron Dernière

http://www.neuvieme-art.com/actu/
Cabu-Charlie-hebdo-Chroron-Georges-Wolinski-Justice-Philippe-Val-427
Vendredi 19 décembre 2008
Nouvelle affaire affectant la presse dessinée. Après les remous suscités par le limogeage de Siné de Charlie Hebdo et la création par le même Siné de Siné Hebdo, ce sont trois des grands noms de la galaxie Charlie Hebdo - Hara Kiri qui montrent des dents. Philippe Val, Cabu et Georges Wolinski ont en effet décidé d'attaquer les producteurs de Choron Dernière, le film de Pierres Carles et Eric Martin retraçant la vie du patron de presse atypique qui sort le 7 janvier.

Le directeur de Charlie Hebdo et les deux dessinateurs reprochent aux sociétés 3B et Tadrart Films qui produisent le documentaire l'utilisation de leur nom sur l'affiche sans leur aval. Selon Rue89.com qui révèle l'affaire, ils réclament le versement à chacun 4 000 euros et, solidairement, 1 500 euros ainsi qu'une astreinte de 10 000 euros par infraction constatée.

Les producteurs sont assignées à comparaître ce vendredi 19 décembre 2008 à 14h30. Les noms des trois plaignants figurent sur les affiches du film et sur les sites internet du film aux côté de ceux de Georges Bernier alias le Professeur Choron, Cavanna, Marc-Edouard Nabe, Siné et Vuillemin. Quant au documentaire Pierres Carles et Eric Martin, il vise à faire découvrir l'artiste et le patron de presse hors pair qu'était Georges Bernier et que cachait le provocateur scato Choron.


Cabu, Val et Wolinski poursuivent Pierre Carles en justice

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/medias/
20081218.OBS6193/cabu_val_et_wolinski_poursuivent_pierre_carles_en_justi.html
NOUVELOBS.COM | 18.12.2008 | 18:09

Ces trois piliers de Charlie Hebdo attaquent en référé les producteurs du film "Choron Dernière", parce que leurs noms figurent sans leur accord sur l'affiche du film.

Les dessinateurs Cabu et Wolinski ainsi que le directeur de la rédaction et de la publication de Charlie Hebdo Philippe Val attaquent en référé les producteurs du film "Choron Dernière", rapporte jeudi 18 décembre le site Rue89.com. Le motif : "Atteinte au droit au nom [...] à raison de l'utilisation illicite de leur nom dans le cadre de l'affiche du film 'Choron Dernière'", de Pierre Carles (coréalisé avec Martin), qui sort le 7 janvier. Les sociétés de production 3B et Tadrart Films sont assignées à comparaître vendredi à 14h30 au palais de justice de Paris, précise Rue89.

Dommages, intérêts et astreintes financières


Les noms de ces trois piliers de Charlie Hebdo figurent sur l'affiche du film, sous-titré "Vie et mort du Professeur Choron et de Charlie Hebdo", et sur différents sites Internet. Sont également mentionnés sur l'affiche les noms de Georges Bernier (le professeur Choron), Cavanna, Marc-Edouard Nabe, Siné et Vuillemin.
Les plaignants demandent que les producteurs leur versent à chacun 4.000 euros et, solidairement, 1.500 euros, ajoute Rue89. En outre, les producteurs pourraient avoir à payer les frais de justice et une astreinte de 10.000 euros par infraction constatée.

"Confusion majeure"

L'assignation de l'avocat des plaignants, Me Richard Malka, indique que "l'affiche du film, réalisée par le dessinateur Vuillemin, induit une confusion majeure quant à la participation spontanée de Messieurs Cabu, Val et Wolinski au film en question (...) [Leurs noms] ne sauraient donc faire l'objet d'une utilisation à des fins lucratives et ce afin de susciter l'intérêt du public."
Le film, qu'"aucun d'eux n'a visionné", "semble en réalité être un véritable réquisitoire contre les demandeurs", qui y seraient "violemment" dénigrés. Quant à son coréalisateur Pierre Carles, il se serait "déjà illustré par l'utilisation de procédés très contestés", affirme Me Richard Malka.
Et d'ajouter qu'en assignant les producteurs du film, ses clients "cherchent à éviter la confusion. On a considéré qu'on ne pouvait pas laisser faire n'importe quoi, pour le principe. La prochaine étape, ça peut être un film porno avec les noms de Val, Cabu et Wolinski."

Chacun son tour

Les sociétés de production, elles, s'étonnent, rapporte également Rue89. "Attaquer sur le mercantilisme de nos sociétés en demandant des dommages et intérêts et astreintes financières permet non seulement de ne pas attaquer les réalisateurs sur le fond du film, mais aussi d'asphyxier financièrement nos sociétés," estiment-elles.
"Ce qui est drôle dans cette affaire, c'est qu'il y a dix ans, j'ai pu sortir mon film "Pas vu, pas pris", grâce à une souscription lancée par Charlie Hebdo, que dirigeait déjà Philippe Val", déclare de son côté le réalisateur Pierre Carles, cité également par le site internet. "Sur l'affiche, se trouvaient une quinzaine de noms de personnes sans leur autorisation, dont PPDA, Etienne Mougeotte, Patrick de Carolis, ce que cautionnait Charlie Hebdo," commente-il.


Val, Cabu, Carles, Wolinski, Cavanna, Choron : bataille à OK Charlie, épisode 2

Philippe Val, Cabu et Wolinski poursuivent le réalisateur Pierre Carles pour avoir utilisé leurs noms sur les affiches de son dernier film consacré au professeur Choron. L'affaire, sur fond de guerre d'héritage, sera jugée cet après-midi.

http://www.marianne2.fr/Val,-Cabu,-Carles,-Wolinski,-Cavanna,
-Choron-bataille-a-OK-Charlie,-episode-2_a94502.html
Vendredi 19 Décembre 2008 - 14:06 Régis Soubrouillard

Même mort, Choron fout encore la merde ! Philippe Val, Cabu et Georges Wolinski ont en effet décidé d'attaquer les producteurs de « Choron Dernière », le film de Pierres Carles et Eric Martin (sortie le 7 janvier) qui retrace la vie du fameux professeur .

Le directeur de Charlie Hebdo et les deux dessinateurs ont assigné les sociétés 3B et Tadrart Films, qui produisent le documentaire, pour « atteinte au droit au nom, à raison de l'utilisation illicite de leur nom dans le cadre de l'affiche du film Choron Dernière ». La présence des patronymes et pseudos de Val, Cabu et Wolinski sur l’affiche du film « induirait une confusion majeure sur leur participation spontanée au film » (auquel, faut-il le préciser, ils n'ont pas participé). Ils réclament chacun le versement de 4.000 euros et, solidairement, 1.500 euros ainsi qu'une astreinte de 10.000 euros par infraction constatée.

La galaxie Charlie explose
Au delà des arguties juridiques (que la justice tranchera), c’est un nouveau règlement de comptes entre les héritiers de Charlie qui se joue : la réplique du premier tremblement de terre qui avait secoué la galaxie de l'hebdo satirique après l’affaire Siné et la création de Siné Hebdo. Le sous-titre du film ne laisse d'ailleurs guère de place au doute sur la thèse défendue par Pierre Carles : «Vie et mort du Professeur Choron et de Charlie Hebdo ».

Rue89 qui a visionné le film, explique en effet qu’il «comprend quelques extraits propres à gêner l'équipe actuellement dirigée par Philippe Val. En particulier quand l'un des deux principaux fondateurs de Charlie (avec Choron), Cavanna, déclare ceci à propos de ce qu'est devenu l'hebdo (où il travaille toujours): "Les dessinateurs Tignous, Charb, Riss, Luz, c'est des jeunes pleins de talent, pleins d'audace, audace qu'on sent rentrée. Ils rentrent leurs griffes. Tu enregistres, là? Tant pis pour ma gueule"».

Les producteurs doivent comparaître ce vendredi 19 décembre 2008 à 14h30.


mercredi 17 décembre 2008

"Choron, dernière" énerve Val, Cabu, Wolinski et Marin Karmitz


TOUS LES DOCUMENTS CI-DESSOUS ONT ÉTÉ INTÉGRÉS DANS LES PAGES DU MHM SUR LE FILM


Tiens, un procès...

On a appris aujourd'hui que Val, Cabu et Wolinski assignaient 3B productions (co-producteur du film) et Tadrart Films (distributeur) en référé pour demander le retrait de leurs noms des affiches de Choron, dernière, du 8 pages promotionnel, du site internet, etc., alors que la sortie du film en salles est fixée au 7 janvier prochain.

Curieusement c'est la même petite bande qui ne trouvait rien à redire en 1998 à l'affiche de Pas vu pas pris sur laquelle figurait également des noms de personnalités publiques à qui personne n'avait demandé d'autorisation (voir la jaquette de la VHS). C'est Charlie Hebdo d'ailleurs qui avait fait imprimer le premier lot d'affiches de Pas vu pas pris, celles envoyées au membres de l'association PVPV.
L'audience aura lieu le vendredi 19 décembre, l'avocat des plaignants est l'inénarrable Richard Malka, ci-devant avocat de Clearstream dans ses attaques contre Denis Robert.

Choron, persona non grata au MK2

(Un mél de Pierre carles à Marin Karmitz)

« J'ai appris que MK2 ne comptait pas sortir Choron, dernière. Ça me surprend puisque que c’est au MK2 Beaubourg qu'était sorti en 2001 le film que j’ai réalisé sur Pierre Bourdieu La sociologie est un sport de combat, resté quasiment sept ans à l'affiche dans cette salle. Il me semble que le MK2 Beaubourg était une salle particulièrement indiquée pour sortir Choron, dernière (même mon dernier film Volem rien foutre al païs y a été programmé). Essayons donc de comprendre ce qui s’est passé.

Dans Choron, dernière, on découvre un homme qui, comme Bourdieu, est resté relativement droit, intègre, fidèle à ce qu'il a toujours été. On ne peut pas dire autant de Marin Karmitz. Le réalisateur de Camarades s’activait à l'extrême gauche à la fin des années 60 pour finir aujourd'hui par soutenir Nicolas Sarkozy (« Nicolas Sarkozy a peut-être sauvé France Télévisions ! » a t-il déclaré lorsque Sarkozy a supprimé la publicité le soir sur France 2 et France 3 afin d’offrir une manne publicitaire supplémentaire à ses amis de TF1). Par ailleurs, vous avez programmé dans le réseau MK2 C'est dur d'être aimé par des cons de Daniel Leconte avec Philippe Val en guest star (autre homme de gauche passé à droite). Val a reçu le soutien de Bernard Henri Levy. Ils ont monté ensemble les marches du festival de Cannes cette année. BHL est également un proche de Marin Karmitz. Dans Choron, dernière, Val n’est pas à son avantage. On peut légitimement se poser la question de l’autocensure du réseau MK2 à l’égard de Choron, dernière. Pourquoi sortiriez-vous un film qui déplairait à Val, donc à BHL, et par conséquent à Marin Karmitz ? Officiellement, vous ne prenez pas le film parce qu’il ne vous plait pas. Il semblerait que la réalité se situe ailleurs : le film vous pose problème pour les raisons invoquées ci-haut. Il aurait simplement fallu assumer tout cela au lieu de tergiverser, de faire croire à Marie Demart, de Tadrart films, que vous ne vous ne saviez pas si vous le sortiez, ou que vous ne vous étiez pas encore décidé… D’emblée, c’était tout vu.

Je suis naïf, j'aurais dû me remémorer un épisode passé. En 1998, MK2 n’avait pas voulu passer mon premier film Pas vu pas pris de peur de fâcher Canal +, la chaîne de télévision mise en cause dans le film, alors toute puissante. Dix ans plus tard, MK2 récidive en en ménageant Philippe Val, BHL et cie. « MK2, une autre idée du cinéma » prétend la publicité. Un cinéma de copains et de coquins ? »

Pierre Carles

jeudi 20 novembre 2008

Chevet et lectures

Au chevet

Mon Petit Robert me dit que chevet viendrait de capitium, de caput, « ouverture d'un vêtement par laquelle on passe la tête » et qu'il s'agirait d'« un coussin allongé, à la tête du lit »; zéro pointé pour moi, qui pensait que c'était la tête du lit elle-même. Je confirme en revanche que le mitan en est bien le centre, mais je suis surpris de lire que ce serait un mot régional ou populaire.

Le livre de chevet est celui de prédilection qu'on lit et relit couché. Je ne lis plus au lit depuis que j'ai cessé de vivre sur un lit, d'y manger, regarder la tévé et y mener une activité sexuelle solitaire.
Je suis un homme de canapé.
Devant celui-ci est rangée la « Table de la mère à P. » dont j'ai hérité lors du déménagement post-mortem de « la mère à P. », conjointement avec une « étagère de la mère à P. » et le « lit de la mère à P. » (ce dernier ayant quitté mon ameublement à l'arrivée de ma mie et de son clic-clac). La table est basse, mal équarrie, fabriquée ou bricolée par la défunte, de son vivant s'entend. Avec d'autres utilités (un couteau, de vieux journaux, des briquets et stylos, un répertoire téléphonique s'il n'est pas égaré ailleurs, quelques magazines et des livres interminables etc.), j'y pose une sorte de "livre de chevet", à savoir un livre que je lis par bribes et moments, au réveil, lorsque je passe par là dans la journée, que je saisis aussi pour me rendre au cabinet d'aisance.
L'avant-dernier "livre de chevet" en date était donc À ma guise de Georges Orwell, recueil de chroniques publié chez Agone.

Un nouveau; des calculs et une carte postale

Ce matin, j'ai décidé de le remplacer par Les bandits de E.J. Hobsbawm, publié aux Éditions Zones qui gisait déjà sur la « Table à la mère à P. ». Donner cette information triviale va m'emmener ici vers d'autres directions tout aussi banales :

1/ C'est un livre publié simultanément en ligne (page en php). Il coûte 14 euros et dure 220 pages environ. Si je veux l'imprimer à partir de mon navigateur, celui-ci m'indique 77 pages. Que Choisir? me donne, pour une impression "jet d'encre" en noir et blanc un coût à la page s'échelonnant entre 5 et 13 centimes d'euro, soit de 3,85 à 10,01 euros pour obtenir un tas de feuilles à lire sur mon canapé, puis à abandonner au jaunissement. Je peux aussi le lire à l'écran pour pas un sou mais c'est un texte un peu long tout de même pour ce mode de lecture.
Chez La fabrique, le livre L'insurrection qui vient, qui connait une notoriété éphémère grâce aux bons auspices de la presse policière, est disponible au format pdf, 65 pages soit entre 3,25 et 8,45 euros, pour un coût de 7 en librairie. Bien entendu, si l'on fait de la perruque, s'appropriant la papeterie et les machines de son employeur, l'impression n'est coûteuse que si la grivèlerie est découverte. Et, ces petits calculs sont sans objet j'imagine si, comme François Bon, on s'adonne à la lecture sur Sony PRS-505 ou équivalent. Cet appareil semble cependant s'acheter pour 299 euros; c'est cher.

2/ Comme je prends un nouveau bouquin je veux le garnir d'un marque-pages; pas besoin de deux cette fois car les notes ne sont pas séparées du texte mais semblent toutes en bas de page, une solution qui a ma préférence, amis éditeurs. J'utilise soit les signets de libraires, soit des exemplaires de ma collecte de cartes postales. J'opte pour cette dernière solution.Camping
J'aime beaucoup celle qui m'échoit. Au dos : « Camping du Minihy - Grand confort - Piscine - Tennis - Jeux divers ». Le reste est illisible, sauf : « Pour tous renseignements, faire le 11 sur le Minitel, HUET PLELO (appel gratuit) ». La silhouette du monsieur de dos et en short bleu à l'avant-scène m'évoque irrésistiblement celle du papa de Miguelito. Je suis aussi très curieux de savoir si cette image a fait l'objet d'une facturation par un photographe professionnel.
L'expéditeur a noirci au dos cette carte avec un message de bons vœux pour l'année 2008; il s'agit de l'excentrique Stéphane Bataillon, accompagné de sa dulcinée. Il est l'auteur de ces quelques collages que le MHM publia autrefois, l'inventeur aussi d'un manteau dans les poches duquel on logerait des chatons vivants (j'avais une photo que je ne retrouve pas, un film sur l'aventure fut réalisé mais il lui retira son "imprimatur" -ou bien son visa?-, je suis bien sûr que vous en êtes fort marris) et de bien d'autres merveilles encor.

Des images

Jonas DelabordeCelles de Jonas Delaborde. un dessinateur appréciable, croisé aujourd'hui. Je suis étonné de ce qu'il me dit du coût (élevé) pour éditer un magazine comme Nazi Knife qu'il publie avec Hendrik Hegray, magazine que je vous recommande chaudement, puissiez vous en avoir cure.

Le blogue de la procrastination

rien de fait

Notules simplement envisagées - et pas écrites - cette semaine :

- Mes bibliothèques : liste et description des bibliothèques publiques fréquentées au long des années (+ mes bibliothèques de rangement personnelles ?).

- Une participation à http://jemesouviensaroundthepop.blogspot.com/ avec des concerts dont je me souviens mais que je n'ai pas vus.

- Sarkozy, plutôt façon Ubu Roi que "Roi du monde".

- Quelque chose autour des chroniques « À ma guise » de Orwell, publiées chez Agone.

- Un billet un peu long, mi-statistique mi-personnel (mon papa et ses amis, mon pépé italien), sur l'espérance de vie des vieux travailleurs alors qu'on veut allonger sans vergogne la durée de vie travaillée. De Brassens, on pourrait cette fois utiliser le « Pauvre Martin ».

- Et, dans celui supra ou à côté, cette foutue rhétorique gagnante de "LA LIBERTÉ" pour justifier au contraire les nouveaux asservissements.

Appréciation : « Quelques idées mais un trop grand manque d'application ».

rien de trouvé : trop, cher

Je songeais aussi à écrire à sur les utilisations de "trop" et de "cher" comme adverbes qui m'insupportent dans la langue adolescente, « C'est cher bien », « c'est trop génial ». J'aurais aimé trouver en ligne quelque texte informé à ce propos, il en existe certainement mais je n'ai pas réalisé la combinaison de termes de recherches qui aurait pu m'y amener.
Seule l'exaspération demeure. Comme celle liée à la surexploitation des superlatifs : comment qualifier l'exceptionnel quand la moindre chose est "géniale", justement ?

samedi 15 novembre 2008

Butinages et digressions

C'est le programme de l'endroit, pour l'instant.

Radio-Jammes-Brassens-passantes-Pol

Dans la voiture pour le travail, j'entends une émission sur Francis Jammes, vieux poëte. Très souvent, j'aime à lire les vieux écrivains réactionnaires, leur langue est plus belle, ils disent se moquer de la Forme, du style et pourtant ils ne sont que ça, de grand stylistes qui font semblant.
Ce Jammes-là fut biographé par Robert Mallet, celui des entretiens avec Paul Léautaud, tiens donc!
Jeune, il écrivit sur les jeunes filles en fleur (« sous les jupes plissées des jeunes filles catholiques », non, pas de lui, c'est une chanson) et puis, comme tout le monde, il devint catholique, panthéiste nous dit-on là, et voulut monter au paradis avec les ânes, les vrais, les bêtes.
De fait, ils sont une rien nunuches ses poëmes, j'en avais un meilleur souvenir, d'adolescence (oui, enfant et adolescent je lisais de vieux poètes et les bouquins à reliure marbrée des bibliothèques publiques, que ma vieille mère qui me casait là en soit remerciée et gloire à Eugène Morel !).
Bon, l'histoire, s'il finit par y en avoir une, n'est pas là, j'accélère : je croyais que Brassens (Georges) avait utilisé un poëme de Jammes pour « Les passantes », or, en rentrant je vérifie et non, c'est pour « La prière ». Pour « Les passantes », l'histoire qu'on trouve sur la Toile est jolie, alors je veux vous la raconter :

Je veux dédier ce poème
A toutes les femmes qu'on aime
Pendant quelques instants secrets
A celles qu'on connaît à peine
Qu'un destin différent entraîne
Et qu'on ne retrouve jamais

À celle qu'on voit apparaître
Une seconde à sa fenêtre
Et qui, preste, s'évanouit
Mais dont la svelte silhouette
Est si gracieuse et fluette
Qu'on en demeure épanoui

À la compagne de voyage
Dont les yeux, charmant paysage
Font paraître court le chemin
Qu'on est seul, peut-être, à comprendre
Et qu'on laisse pourtant descendre
Sans avoir effleuré sa main

À celles qui sont déjà prises
Et qui, vivant des heures grises
Près d'un être trop différent
Vous ont, inutile folie,
Laissé voir la mélancolie
D'un avenir désespérant

Chères images aperçues
Espérances d'un jour déçues
Vous serez dans l'oubli demain
Pour peu que le bonheur survienne
Il est rare qu'on se souvienne
Des épisodes du chemin

Mais si l'on a manqué sa vie
On songe avec un peu d'envie
À tous ces bonheurs entrevus
Aux baisers qu'on n'osa pas prendre
Aux cœurs qui doivent vous attendre
Aux yeux qu'on n'a jamais revus

Alors, aux soirs de lassitude
Tout en peuplant sa solitude
Des fantômes du souvenir
On pleure les lèvres absentes
De toutes ces belles passantes
Que l'on n'a pas su retenir

 

Oui, celui-là aussi est un rien simplet, mais il a toujours eu une forte résonance pour moi, davantage peut-être lorqu'esseulé je croisais ces amours d'un instant et que je repensais à eux, parfois des semaines durant, plus ou moins chastement.

Brassens, dit-on, trouva aux puces de Saint-Ouen un vieux recueil d'Antoine Pol, publié en 1918, aima ce texte sis au milieu d'autres moins aimables, et voulu le mettre en musique.
Il chargea son secrétaire d'en retrouver les ayant-droits, ce fut en vain.

Le même secrétaire reçut un peu plus tard un appel d'un centralien retraité qui s'occupait de leur cercle de bibliophiles et qui s'appelait Antoine Pol : l'auteur des « Passantes ».
Un rendez-vous fut pris pour une rencontre du poète amateur et du musicien.
Trop tard ! Une semaine plus tard - on était en 1971 - le vieux monsieur, qui avait 83 ans, était mort.


Lin Delpierre, 2003 - Série Buenos Aires - Urbaines

L'oultragôche, ce que j'en pense, etc.

On peut tout aussi bien le lire ici et (même si ce n'est pas moi qui écris).

À butiner, presqu'au hasard

— Je me souviens, à mes débuts sur cet Internet, de cette joie du butinage au long cours dans la nuit, de m'être englouti dans les milliers de pages personnelles d'un site suédois, jusqu'aux premières lueurs de l'aube comme on dit. Je me souviens aussi, mais avec moins de plaisir, du montant extravagant des factures de téléphone, près - ou plus ? - de 2 000 francs une fois. Les moteurs de recherche étaient plus frustres et j'allais surtout de lien en lien, mû par la curiosité face à ce vaste Nouveau Monde - et si peu par l'utilité, au contraire d'aujourd'hui.

— Je cherche une image avec la requête "Radio Paris" et le moteur idiot affiche celle ci-dessus dans les résultats, elle m'emmène vers ce site : DIEPPE 1939-1945 LES ANNEES NOIRES, avec son vilain bandeau I-France. J'aime ces sites à l'ancienne, celui-ci a été fabriqué avec Adobe PageMill 3.0 Win et mis à jour à l'été 2007. Je me rappelle comme tout me semblait plus facile avec le Composer de la suite Netscape et d'autres outils ancestraux; il me semble que l'arrivée des feuilles de style (css), du php et des bases de données, a dû figer les ardeurs de bien des particuliers amateurs, c'est bien plus compliqué. En tout cas, moi, gros paresseux, je n'ai pas réussi à sauter le pas.
Bien sûr, les systèmes de publication automatique sont là, mais spip est bien compliqué aussi et les blogues ne sont pas adaptés à toutes les envies de site, le carnet est un genre restreint. Est-ce que ce "ouèbe participatif" n'est pas en réalité un ouèbe de consommateurs ou au mieux de commentateurs ?

— La même recherche m'amène vers ce curieux 100 ans de radio ("À part quelques émissions en amateur, notamment dans les années 80, sur les radios libres et quelques participations à des émissions nationales, je ne suis pas un professionnel de la radio. En revanche, depuis 1975 (ce qui vous donne une idée de mon age avancé), ma passion est l'histoire de ce média. En un peu plus de trente ans, j'ai rassemblé de nombreuses archives sur la radio en France") et chez ce collectionneur (qui utilise Microsoft FrontPage 4.0) : La collection de postes anciens de Pierre Lemesle, Je suis l'ami de tous les collectionneurs. Un de mes préférés est Pascal Foucher de flipbook.info qui collectionne les flip-books et utilise les formes modernes de mise en page ouèbe; on peut s'y perdre un long moment.

— En suivant Guy du r*ck, je vais voir le blogue de ce cher vieux et gentil pornographe à l'ancienne qu'est Eric Kroll; au milieu de plein de textes et photos qui m'enchantent, je trouve cette photo que Kroll fit de David Wojnarowic. Pour moi, ce dernier fut d'abord un musicien dans le groupe 3 teens kill 4, bien avant que je découvre le photographe et l'écrivain. Laurence Viallet et les éditions Désordre l'ont édité en français, il y a à voir et à lire sur la page que lui consacre cette estimable éditrice.

C'était mercredi dernier, je crois, "j'ai fait de l'internet".

Et, tiens, j'avais pensé parler un peu de mon livre de chevet (qui chez moi est un livre de table de salon) du moment mais je suis las.


mardi 11 novembre 2008

Mes pourriels me font butiner et je pense aux amis

Michelle Obama nude

(pourriel reçu maintes fois; et avec ça, si on me dit encore qu'une certaine forme d'intégration "raciale" n'est pas en marche aux États-Unis d'Amérique...)

Une recherche d'images ne m'a rien amené de correspondant, même pas une "fabrication", mais tout de même :

- cette image, dont je lis qu'elle fut insérée en mai 2008 dans un texte du Daily Kos, respectable site de gauche étasunien, provoquant une vague d'étonnantes réactions "politiquement correctes" et son retrait rapide de l'article, veritas odium parit.
Tout à l'heure, devant le journal télévisé ma belle me disait "oh! la robe rouge!", celle de Michelle, la même qu'ici.

 - et cette autre délicieuse, sans lien avec la recherche vraiment mais qui apparait et me plait, "imogen.jpg", une autre recherche clique!, et j'apprends qu'ici pose la photographe Imogen Cunningham ainsi que la modèle Twinka Thiebaud, saisies par une une troisième dame, Judy Dater, en 1981, Imogen and Twinka.

Photographe dans la photographie

(encore)

Bien sûr.

Et

mais aussi, "frenchphotographer.jpg" vue tout à l'heure sur The Heritage of the Great War, dans la partie bloody picnic.


Et des autoportraits.

Poèmes automatiques

(créés par les grâces informatiques)

Ce Joueur Est Dit Etre un Bras Sagisse
Ou meme en petites quantites appele table de seance ou de session qui jouent des enjeux de determiner a l'avance combien sera risque pendant toute la session ou seance de table.
Le jeu est simple et rapide. Boxe
- Dans les courses de chevaux, un billet unique compose de plus d'un Parlay.
Commencer a un Coup de Main La Initiale
Si le croupier prend note de la banque vous a chute devant vous sur la mise en page comme un pari perdu, mais pas sur l'un des autres paris, alors vous avez une legitime la viande bovine.
Bingo - Bingo est un jeu joue dans les halls. Un «blanc» en 7-Card Stud poker.
Tout-en Jeu et Votre Pile Totale Contre
Un jeu de poker avec trois cartes de la main joue contre le casino, egalement connu sous le nom de carte 3-Casino Brag et 3 cartes.
Au niveau le plus eleve ce qui a trait a tous de l'argent mis de cote specifiquement a soutenir toutes les activites de jeux d'argent.
Gagnez de L'argent, Prenez de Soleil!
Ete un Joueur de Casino, il Vous Rester!
Mon Dieu Est de mon Cote, Je Joue Casino

- Évidemment, je pense à K et à ses outils :
La honte :
Le Préfet ruiné frappait ses chaussures avec des hôtesses de l'air.
(France Paris)

« Quand Noël tombe un vendredi, il y a beaucoup de chiens enragés dans l'année. » (Idiotismes)

Lorsque le doute est heureux
les boeufs brisent les jaloux.
(Zen-zen stuff)

Citation

« Dans l’esprit de Madre, le "spam-art" vise à contester la notion de modération dans les listes de diffusion. C’est la notion de filtrage de l’information, de la légitimité du contrôle que les modérateurs s’attribuent sur elle qui est remis en question. Partisan du foisonnement de la libre expression sur le net, Madre s’intéresse à ceux qui y diffusent des informations triviales, et notamment biographiques. »